Une peu d’Histoire : Les Origines

 

Origines 1Pour comprendre ce que sont les orchestres français aujourd’hui, il faut, bien évidemment, remonter un peu en arrière. Pas si loin à vrai dire, sauf pour signaler que l’Orchestre de l’Opéra de Paris (créé en 1669), reste, en titre, le doyen des orchestres français, notre théâtre national étant la seule institution de l’Ancien Régime qui ait survécu à l’abolition des privilèges.

Ce sont les orchestres à vocation lyrique qui, dans le reste de la France, peuvent se réclamer d’un passé remontant au milieu, voire au début du XIXe siècle : ceux de Bordeaux, Lyon, Toulouse, Strasbourg auront su traverser sans dommage les périodes les plus difficiles de leur histoire.

Pour ce qui est des formations symphoniques, Origines 3les ruptures auront été plus nombreuses. En outre, il est difficile de parler d’orchestres permanents avant notre siècle, à l’exception de celui des Concerts du Conservatoire, ancêtre de l’Orchestre de Paris, qui était d’ailleurs à sa création, en 1828, un exemple quasiment unique en Europe. Les sociétés de concerts qui apparurent dans les dix années qui suivirent (en 1837, on en recense déjà 26, de Béthune à Perpignan) n’étaient guère que des « réunions d’amateurs » comme on le disait à l’époque. Quant aux institutions « populaires » de la capitale, les Concerts Pasdeloup, Colonne et Lamoureux, qui portent aujourd’hui encore le flambeau allumé par leurs fondateurs il y a plus d’un siècle, elles ne purent jamais assurer à leurs musiciens la régularité du travail en commun et les niveaux de rémunération qui stabilisent vraiment un orchestre.

Pour toutes ces raisons, auxquelles il faut ajouter la crise économique de l’entre-deux-guerres, fatale à des entreprises aussi ambitieuses que l’Orchestre Symphonique de Paris, c’est l’Orchestre National de France, créé en 1934 par et pour la Radiodiffusion française, qui est aujourd’hui l’aînée des phalanges françaises vouées prioritairement à la défense de l’art symphonique.

Grande consommatrice de programmes musicaux, la Radiodiffusion française, rebaptisée O.R.T.F. en 1964, aura aussi contribué à soutenir dans plusieurs villes de France une vie symphonique qui, cependant, ne s’organisait dans des conditions satisfaisantes au plan artistique, que là où les orchestres des maisons d’opéra pouvaient y apporter leur contribution.

Origines 2

L’éclatement de l’O.R.T.F., en 1974, faillit réduire à néant cette vie symphonique. Mais le Ministère de la Culture ne fut pas pris au dépourvu. Depuis plusieurs années déjà, Marcel Landowski, son directeur de la musique, avait commencé à œuvrer pour une rénovation en profondeur de l’activité symphonique. Il avait convaincu les édiles de la capitale de transformer l’orchestre de la Société du Conservatoire en une nouvelle phalange, baptisée Orchestre de Paris (1967) ; ceux de la Ville de Lyon de fondre en une seule entité les orchestres de la Société Philharmonique et de l’Opéra (1969) ; ceux de Nantes et d’Angers d’unir les musiciens de leurs maisons d’opéra pour constituer une grande formation symphonique, l’Orchestre des Pays de la Loire (1971) ; ceux de Strasbourg et Mulhouse dont les orchestres allaient pouvoir prendre un nouvel essor à la faveur de l’entente trouvée entre les villes et l’Etat pour la création de l’Opéra du Rhin (1972). Le mouvement était lancé, qui allait permettre de résoudre la crise née de la disparition de l’O.R.T.F. La seule année 1976 vit la création des orchestres de Lille, de Lorraine, de Cannes Provence-Alpes-Côte d’Azur, celle de l’Ensemble Intercontemporain et, à Radio France, d’une nouvelle phalange, l’Orchestre Philharmonique. Dans les esprits, désormais, il ne pouvait être question de développement musical sans développement de la vie symphonique.

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