Un peu d’Histoire : Les Trente Dernières Années

 

Le mouvement amorcé, à la fin des années 1960, sous l’impulsion du Ministère de la Culture, allait trouver un prolongement inattendu dans les années 1980, grâce aux lois de décentralisation. La création de l’Orchestre Philharmonique de Montpellier et celle de l’Ensemble Instrumental de Grenoble comptent parmi les ultimes succès de la concertation engagée depuis plusieurs années entre l’Etat et les collectivités territoriales. En revanche, la naissance des orchestres d’Auvergne (1981), de l’Opéra de Lyon (1983), de Basse-Normandie, des Pays de Savoie (1984) et de Bretagne (1989) résulte de la nouvelle donne créée par la redistribution des responsabilités entre les différentes collectivités publiques.

Dernières années 2

L’essor des régions, notamment, aura joué un rôle moteur. Les orchestres les plus récents doivent beaucoup à l’émergence de ce nouvel échelon dans la représentation politique du pays, un échelon dont les responsables auront eu à cœur de corriger les inégalités artistiques, inscrites dans la géographie, que traduisaient de vastes zones vierges sur la carte de France de l’activité symphonique.

Moins visible, avec le recul du temps, que la création de nouvelles phalanges symphoniques ou lyriques, la consolidation des orchestres existants restera pourtant l’un des acquis majeurs des années 1980. C’est l’époque où des formations dont l’activité reste essentiellement liée à une ville, Bordeaux, Toulouse ou Montpellier par exemple, reçoivent un appui décisif du Conseil Régional – du Conseil Général dans le cas de Nice – pour développer leurs activités, mais aussi pour relever le niveau de rémunération des musiciens, condition primordiale au maintien d’une exigence artistique élevée. Très rapidement, l’écart des salaires, entre musiciens parisiens et musiciens des orchestres régionaux, aura pu être ramené de près de 30% à des proportions beaucoup plus raisonnables.

Deux décennies se sont écoulées depuis lors et l’embellie des années 1980 semble appartenir à l’histoire ancienne. Pourtant, les orchestres durablement pris en charge par les collectivités publiques auront moins souffert des effets d’une crise économique persistante que les formations non-permanentes, plus légères mais aussi plus fragiles, qui permettaient souvent à de jeunes instrumentistes de se frotter à une pratique professionnelle des plus exigeantes.

Dernières années 1

Il est vrai que la disparition d’orchestres de chambre très présents, hier encore, sur tout le territoire français, a été compensée par l’apparition de nouveaux ensembles jouant sur instruments anciens les mêmes répertoires (ceux du XVIIIe siècle). Des ensembles qui ont peu à peu supplanté leurs aînés en proposant pour ces musiques qu’on réunit généralement sous le qualificatif de baroques une approche nouvelle, fondée sur l’authenticité. Dans le même esprit, on pourrait souligner que la disparition de certains ensembles de musique contemporaine a été compensée par l’émergence de nouvelles formations. Autres temps, autres interprètes.

Cependant, tous ces ensembles reposent sur un fonctionnement très différent de celui d’un orchestre permanent, puisque les musiciens, précisément, n’y sont pas employés sur la base de la permanence. La transformation en 1996 de l’Ensemble Instrumental de Grenoble en un orchestre de chambre unissant, sous la direction de Marc Minkowski, les instruments modernes aux instruments anciens des Musiciens du Louvre, est restée un cas isolé d’ouverture vers un fonctionnement « mixte ».

Laisser un commentaire