Les Musiciens d’Orchestre aujourd’hui

 

Certains instrumentistes, lorsqu’ils évoquent leur entrée dans la carrière de musicien d’orchestre, se comparent plus volontiers aux professions libérales qu’aux employés et ils n’ont pas tort. La formation d’un violoniste est longue et coûteuse, à l’instar de celle d’un avocat ou d’un médecin. Il y a en outre, à l’arrivée, un investissement non moins coûteux : celui que nécessite non pas l’installation d’un cabinet, mais, plus simplement, l’achat d’un instrument digne du niveau professionnel auquel on peut prétendre. Un violon de qualité coûte plus de 20 000 euros et les plus beaux instruments dépassent souvent les 100 000 euros.

Les musiciens 1 Il reste que le métier de musicien permanent d’un orchestre symphonique ou lyrique n’est comparable à aucun autre. Là encore, les dernières décennies ont changé beaucoup de choses. Le niveau technique et artistique exigé des instrumentistes n’a cessé de s’élever et il est devenu impossible d’intégrer un orchestre professionnel sans pratique préalable. Une pratique collective restée longtemps presque absente de l’enseignement dispensé par les conservatoires, au point que les orchestres créés au début des années 1980 connurent de réelles difficultés de recrutement et ne purent pourvoir tous les postes mis au concours qu’en ouvrant la porte à près de 30% de musiciens étrangers.

La situation, depuis lors, s’est très nettement améliorée. Les classes d’ensemble et les orchestres de jeunes se sont multipliés, permettant aux musiciens d’aborder la vie active riches de toutes les compétences qui leur seront nécessaires pour s’intégrer harmonieusement à une formation symphonique ou lyrique.

Si les statuts, on l’a vu, diffèrent entre les Les musiciens 3orchestres, les rémunérations restent relativement homogènes et se sont stabilisées ces dernières années à un niveau assez proche des salaires des musiciens anglo-saxons ou allemands.

Ce que permettent de deviner ce niveau de rémunération et le chiffre de 2 500 musiciens employés en France par les orchestres permanents, c’est la compétition qui se joue lors des concours de recrutement. Pour un poste à pourvoir dans un orchestre français, les candidats peuvent être au nombre de 100, voire 150.

Mais cette compétition fait partie du métier lui-même, un métier dans lequel le travail individuel ne doit jamais s’interrompre, pour rester à la hauteur du résultat collectif recherché ; un métier dans lequel est inscrit le principe de « contrôles » réguliers et qui place chacun en situation d’écoute permanente des autres.

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La nature communautaire du travail au sein d’un orchestre est sans doute son aspect le plus frappant. Les déplacements et les tournées imposent en outre une véritable vie de groupe, au-delà du temps passé dans les salles de répétitions et de concerts. C’est pourquoi la nécessité pour un musicien d’orchestre de vivre parallèlement d’autres relations avec son art, au travers de l’enseignement ou de la musique en petit ensemble par exemple, est une nécessité non plus seulement artistique, mais humaine lorsqu’il appartient à une formation permanente. Les responsables de ces formations favorisent ainsi et parfois même organisent, de telles « échappées », en programmant des concerts de chambre ou des rencontres avec le public.

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