Le Paysage Orchestral Français

 

Paysage 2À l’image des musées de province dont les collections sont d’une extraordinaire richesse, à l’image du théâtre dramatique dont les grands centres de création se sont répandus dans toute la France, les institutions musicales, et tout particulièrement les orchestres, se répartissent aujourd’hui harmonieusement sur l’ensemble du territoire. Les quelques trente ensembles et orchestres permanents existant dans notre pays constituent bien une forêt que ne saurait masquer l’arbre parisien.

Avec sept formations, la région parisienne au sens large n’est d’ailleurs pas outrageusement favorisée, contrairement à ce qu’affirment des critiques musicaux soumis à la pression d’une vie symphonique et lyrique débordante. Une telle concentration est à la juste proportion de la réalité démographique de l’Île-de-France, qui concentre à elle seule un cinquième de la population du pays. La province n’est donc nullement lésée. Sur les 22 régions de France métropolitaine, quatre seulement ne disposent pas d’orchestre permanent. Sur les 25 villes les plus importantes, en population, 17 sont le siège d’un orchestre, ce qui ne signifie pas que les autres ne connaissent aucune vie symphonique ou lyrique. Certaines reçoivent régulièrement la visite de formations auxquelles a été confiée une « mission régionale ».

Nous sommes loin de l’image traditionnelle d’une France musicale essentiellement parisienne de l’automne au printemps, puis basculant vers le Sud et les villes d’eaux à la belle saison. La trentaine de formations orchestrales recensées sont des formations permanentes, dont l’activité, sur leur territoire d’implantation et au-delà, s’exerce tout au long de la saison et contribue donc de manière durable à l’animation d’une vie musicale toujours en mouvement. Hors Île-de-France, ces formations assurent près de 2 000 concerts et représentations par saison, soit une moyenne d’environ cinq manifestations chaque jour de l’année.

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Pour revenir une dernière fois sur le cas de Paris, on relèvera, par souci d’objectivité, que les concerts qui y sont donnés représentent un bon tiers de l’activité symphonique française. Mais, là encore, l’adéquation aux données démographiques est évidente. La concentration géographique du public potentiel a un effet démultiplicateur, comme le prouve la situation dans l’ensemble du pays. En effet, dans les onze régions les plus peuplées, soit la moitié des régions de France métropolitaine, sont concentrés à la fois les deux-tiers de la population et les deux-tiers des orchestres permanents en activité. Le paysage orchestral français apparaît donc en singulière harmonie avec les réalités du pays. Même le domaine symphonique, de toute évidence, se prête à ce qu’on appelle l’aménagement du territoire.

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