En direct des orchestres

Retour sur la masterclasse de direction d’orchestre de l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté

Souhaitant poursuivre le travail engagé depuis 2018 sur la place des femmes dans les orchestres, l’Association Française des Orchestres a souhaité cette année encore, s’associer à la Philharmonie de Paris, pour organiser une masterclasse de direction d’orchestre destinées aux jeunes femmes dans le cadre de la manifestation Orchestres en fête!.

Contexte

Après avoir rédigé une Charte pour l’égalité entre les femmes et les hommes au sein des orchestres et des opéras conjointement avec les Forces Musicales en juillet 2018 et organisé un tremplin de jeunes cheffes d’orchestres et une conférence sur la place des femmes dans le secteur de la musique classique en novembre 2018, l’AFO a souhaité mettre en place une masterclasse de direction d’orchestre réservée aux cheffes d’orchestres en collaboration avec la Philharmonie de Paris et l’Orchestre Victor Hugo Franche Comté.

Présentation de la masterclasse

La master-classe a eu lieu le 30 novembre 2019.  Ouverte à tous les spectateurs mais dont la participation était réservée aux jeunes cheffes d’orchestre, la classe invite le public à découvrir en direct le travail de direction d’orchestre, avec la complicité de l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté, bénéficient des conseils du chef Jean-François Verdier.
Cet événement, organisé une fois encore au cœur du week-end Orchestres en fête, s’inscrit dans le cadre de l’action de la Philharmonie de Paris en faveur des carrières féminines.

Chacune des quatre jeunes interprètes a dirigé deux des œuvres au programme, selon le déroulé suivant :

19h : Jane Latron
Richard Wagner, Siegfried Idyll
Sergueï Prokofiev, Pierre et le Loup

19h40 : Louise Müller-Monod
Dimitri Chostakovitch, Symphonie de Chambre
Alma Mahler, Waldseligkeit, Bei dir ist es traut

20h20 : entracte

20h40 : Macarena Quantin
Richard Wagner, Siegfried Idyll
Alma Mahler, Waldseligkeit, Bei dir ist es traut

21h20 : Anne-Louise Bourion
Richard Wagner, Siegfried Idyll
Alma Mahler, WaldseligkeitBei dir ist es traut

De la volonté de réattribuer aux femmes, leur place dans l’histoire musicale, il a semblé juste de proposer durant la soirée, deux œuvres d’une compositrice,  Alma Schindler (épouse de Gustav Mahler) : Bei dir ist es traut (lieder de 1910) & Waldseligkeit (lieder de 1915).

Le chef Jean-François Verdier

Super-soliste de l’Opéra de Paris, Jean-François Verdier est considéré comme l’un des meilleurs clarinettistes européens, lauréat des concours internationaux de Tokyo, Vienne, Anvers, Colmar, Lugano, et joue sous la direction de Bernstein, Ozawa, Muti, Gergiev, Salonen, Boulez, Jordan, Dohnanyi, Dudamel, Nelsons… Il est notamment invité par le Concertgebouw d’Amsterdam et enseigne au CNSM de Paris.

Prix Bruno Walter du Concours international de direction d’orchestre de Lugano en 2001, c’est avec les conseils d’Armin Jordan et Kent Nagano qu’il débute un parcours de chef d’orchestre rapidement salué par la critique. Chef résident de l’Orchestre national de Lyon (2008-10), il est directeur artistique de l’Orchestre Victor Hugo depuis 2010. Avec cet orchestre, il enregistre plusieurs disques primés par la critique internationale. Il est sollicité par les grandes scènes lyriques et symphoniques, invité des orchestres et opéras nationaux français et jury de concours internationaux.

Il compose des contes musicaux : une suite pour Pierre et le loupLe Canard est toujours vivant ! (texte de Bernard Friot, avec Jacques Gamblin, Milan) ; Anna, Léo et le gros ours de l’armoire (Actes sud) joué à la Philharmonie de Paris (tous deux Coup de Coeur de l’Académie Charles Cros) ; Nuage Rouge (texte de Vincent Cuvellier) joué à la Folle Journée de Nantes. Il a écrit un mini-opéra pour enfants créé par le Capitole de Toulouse (juin 2019) : Orphée.

Les candidates

Jane Latron

En 2004, elle intègre le conservatoire du 11ème arrondissement de Paris. Elle y commence l’étude de la clarinette avec Michel Capozzoli, puis Frédéric Sueur. Elle étudiera par la suite la percussion dans la classe d’Alain Bouchaux, de Sylvie Reynaert et Sandra Valette. En 2014, à l’âge de 16 ans, elle intègre la classe de direction d’orchestre de Michaël Cousteau dans les conservatoires parisiens. En complément de sa formation musicale, elle suit des cours d’écriture avec Michèle Droulez ainsi que des cours de culture et d’orchestration avec Marion Navone. En 2016, elle intègre la classe de direction d’orchestre d’Adrian McDonnell, au conservatoire du 15ème arrondissement de Paris. Elle y pratique également l’harmonisation au clavier. En 2017, elle intègre la classe d’Olivier Pierre Vergnaud, en clarinette, au CRD de Meudon, ainsi que la classe d’analyse de Bruno Plantard, au conservatoire du Centre. Depuis septembre 2016, elle a rejoint “La Sirène“, orchestre d’harmonie de Paris, en qualité de cheffe-assistante de Fabrice Colas. En 2019, elle obtient son DEM de direction d’orchestre au CRR de Paris, dans la classe de direction d’orchestre d’Adrian McDonnell. La même année, elle est admise en CPES (cycle préparatoire aux grandes écoles), dans la classe de Jean-Michel Ferran et devient directrice artistique d’un ensemble de cuivres des élèves du Conservatoire national Supérieur Musique et Danse de Paris.

Louise Muller-Monod

Louise Müller-Monod est entrée dans la musique par le violon et le chant choral. Elle se passionne très tôt pour le répertoire symphonique et la variété des choix d’interprétations musicales, ce qui l’amène vers la direction d’orchestre. Elle entame en 2019 un Master dans cette discipline au Conservatoire Royal de Bruxelles dans la classe de Robin Engelen. Titulaire de cinq Diplômes d’Etudes Musicales en direction d’orchestre, orchestration, violon, analyse et formation musicale, elle a été la directrice musicale de l’Orchestre Universitaire Paris-Descartes de 2014 à 2017, ainsi que de la Formation Symphonique du COGE (Choeur et Orchestres des Grandes Ecoles de Paris) de 2016 à 2017. Sa grande exigence musicale est nourrie des conseils dont elle a pu bénéficier en direction d’orchestre comme en direction de chœur auprès de chefs reconnus tels que Pierre Cao, Claire Marchand, Ariane Matiakh, Claire Gibault, Jacques Mercier ou encore François-Xavier Roth. Elle assure depuis septembre 2018 la direction musicale de l’orchestre symphonique « Oppera » basé à Montreuil.

Macarena Quantin 

Macarena Quantin a grandi dans une petite ville du nord de l’Argentine. A l’âge de 17 ans, elle débute ses études de composition à l’Université Catholique Argentine à Buenos Aires. Après la réussite de ses deux premières années d’études, elle décide d’envoyer sa candidature pour le programme de formation à la  direction d’orchestre en 5 ans proposé dans la même université. Elle intègre le programme et pendant son temps libre, elle étudie l’allemand et l’italien. Après avoir obtenu son diplôme au Goethe Institut, voyagé en Allemagne à deux reprises et obtenu son diplôme universitaire, elle décide d’aller y vivre. Elle devient jeune fille au pair à Freiburg en décembre 2014. Elle prend des cours de latin et postule à un Master de musicologie à l’Université de Freiburg. Elle l’intègre avec succès et concentre ses recherches sur l’édition musicale et l’opéra italien. Pendant son master, elle part 3 mois travailler à plein temps à la maison d’édition de Bärenreiter à Kassel et prend des leçons de français en parallèle. Quand elle obtient son diplôme de master, ayant des origines familiales italiennes, elle part en Italie dans le souhait d’en obtenir la nationalité . En octobre 2018, elle s’installe de nouveau à Freiburg et commence à travailler comme cheffe de la production à l’Institut de Théâtre musical de la Hochschule. Depuis ses débuts en direction d’orchestre, elle a suivi les masterclasses de Facundo Agudin, Ulrich Windfuhr, Ekkehard Klemm, John Farrer, Neil Thomson, Georg Christoph Sandmann, Dario Lucantoni, Jooyong Ahn et Luis Gorelik. En avril et juin 2019, elle a assisté le chef d’orchestre Facundo Agudin lors de la production « Cavalleria Rusticana » avec l’orchestre « Musique des Lumières ».

Anne-Louise Bourion

En juillet 2019, Anne-Louise Bourion est lauréate du concours international de direction de l’Opéra de Baugé, au cours duquel elle obtient le premier prix ainsi que le prix de l’orchestre. En septembre 2019, elle atteint les quarts de finale au Concours international de jeunes chefs d’orchestre de Besançon. Anne-Louise a commencé par étudier le piano, puis le hautbois, dès l’âge de 3 ans. Après une licence d’accompagnement au CNSMD de Lyon (D.Selig), elle obtient un master de direction de chant au CNSMD de Paris en Juin 2018 (E.Guiomar). Elle est actuellement chef de chant à l’Opéra de Limoges pour le projet Operakids. En 2013, elle s’initie à la direction d’orchestre au Conservatoire de Lille dans la classe de Jean-Sébastien Béreau et y étudie pendant deux ans, tout en étant cheffe de chœur assistante du Cantrel de Lyon et cheffe assistante de l’Orchestre INSA-Universités de Lyon. Elle est régulièrement appelée à être cheffe de chant et cheffe assistante pour des productions d’opéra et d’opérettes dans des festivals de la région lyonnaise, et cheffe assistante ponctuelle de l’Orchestre de Chambre Pelléas, dirigé par Benjamin Levy. Elle se perfectionne auprès de Claire Levacher, Colin Metters, Alim Shakh et bénéficie actuellement des conseils de Roberto Benzi.

Source : Orchestre Victor Hugo Franche-Comté

 

Jean-Marie Blanchard nommé directeur général de l’Orchestre de Cannes

Le Bureau de l’Orchestre de Cannes Provence Alpes Côte d’Azur, les représentants de la Ville de Cannes, du Ministère de la Culture et de la Communication, de la Région SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur et du Conseil départemental des Alpes-Maritimes, ont nommé Monsieur Jean-Marie Blanchard en qualité de Directeur général de l’Orchestre de Cannes Provence Alpes Côte d’Azur à compter du 1er janvier 2020.

Biographie

Né en 1956, Jean-Marie Blanchard rejoint en 1987 le Théâtre du Châtelet à Paris en tant que conseiller artistique, poste qu’il occupe jusqu’en 1992. Il est ensuite Administrateur général de l’Opéra national de Paris-Bastille de 1992 à 1994, puis Directeur Général de l’Opéra national de Nancy et de Lorraine et Administrateur général de l’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy pendant six ans. En 2001, il prend la Direction générale du Grand Théâtre de Genève et créé en 2013 le Wagner Geneva Festival. Ces dernières années, il a été consultant pour différentes collectivités et institutions publiques telles que, entre autres, le Gouvernement fédéral de Belgique et la Haute École de Musique de Genève. Jean-Marie Blanchard est membre du Conseil consultatif de la Culture de la République et Canton de Genève.

Contact presse :
Iannick Marcesche – Orchestre de Cannes – 04 93 90 77 91 / iannick.marcesche@orchestre-cannes.com

Télécharger le communiqué de presse

Île de créations : découvrez les trois œuvres finalistes

Île de créations est un concours annuel de composition pour orchestre, créé par l’Orchestre national d’Île-de-France en 2013. Il a pour vocation de permettre aux jeunes compositeurs de confronter leur inspiration, leur savoir-faire à un orchestre symphonique et d’être joués en public et diffusés à la radio. Au public francilien, ce concours offre l’occasion de découvrir la pépinière de la création musicale formée en Europe.

La huitième édition

Ce concours s’adresse aux compositeurs de moins de 33 ans au 1er janvier 2020, ayant été inscrits en cursus de composition et/ou d’orchestration en Europe entre 2015 et 2020. Pour cette huitième édition, les candidats doivent composer une œuvre concertante pour violoncelle et orchestre. La pièce doit être d’une durée de 10 minutes en 5 mouvements de 2 minutes chacun, pouvant être enchaînés les uns aux autres. Le compositeur Guillaume Connesson est le parrain de la 8e édition.

Chaque année l’Orchestre national d’Île-de-France convie plusieurs personnalités prestigieuses à former le jury du concours de composition Île de Créations. En 2020, l’Orchestre a le plaisir d’accueillir les compositeurs Matteo Franceschini et Hèctor Parra. Le jury est présidé par le directeur musical de l’Orchestre Case Scaglione et par Guillaume Connesson, parrain de l’édition 2020.

Un finaliste, une oeuvre

Julien GIRAUDET, pour son œuvre « Mythe »

Nationalité : française
Âge : 32 ans
Parcours : diplômé du cursus composition et orchestration au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
Son oeuvre – Un Mythe

I. Un jour dans la plaine
II. Sur la crête
III. Rites
IV. Devant la pierre lisse et noire
V. Le Gouffre dans la nuit

Un mythe. Deux protagonistes : le violoncelle, l’orchestre. Le violoncelle suit sa ligne, s’aventure, cherche ; quand l’orchestre devient brumeux, menaçant, harassant, il fuit, se cache, espionne, tente d’échapper aux incantations obsédantes qui finissent par l’entraîner devant le gouffre.

L’orchestre est employé ici dans toute sa dimension spatiale : c’est de manière physique que la bataille se tient, dans des vagues d’assaut qui montent du fond de l’orchestre jusqu’au tutti submergeant. Ces vagues ne laissent pas la ligne du violoncelle indemne, elles l’infiltrent, lui instillent progressivement des modes de jeu de plus en plus grinçants et percussifs. De plus en plus et jusqu’au bout, pour résister à ces vagues d’assaut, le violoncelliste doit faire corps avec son violoncelle.

Maarten LINGIER, pour son œuvre « Suite concertante pour violoncelle et orchestre »

Nationalité : belge
Âge : 26 ans
Parcours : diplômé du cursus de composition de l’École Normale de Musique de Paris, Alfred Cortot
Son oeuvre – Suite concertante

Cette œuvre est une musique absolue, il n’y a pas d’inspiration directe de l’extérieur à part la musique elle-même. Les cinq mouvements sont écrits en contraste. Ce sont des mouvements courts avec chacun un caractère très spécifique, souvent déterminé par leur propre motif ou par un geste musical. Il y a des influences de musique ancienne, comme le quatrième mouvement, Passacaglia, un petit canon dans Intermezzo et la suggestion d’un bourdon dans la Sérénade. Ce ne sont que de petites références qui sont liées à l’idée d’une suite, le but étant surtout d’écrire quelque chose personnel et contemporain. L’approche du violoncelle est souvent lyrique, parfois rythmique. Le son d’orchestre est parfois orchestral, puis plutôt lié à la musique de chambre. Il y a une recherche harmonique, mélodique, rythmique et de couleur dans l’orchestration, construite intuitivement. Cette œuvre montre les aspects, sonorités et caractères différents du violoncelle, accompagné par l’orchestre.

Maria del Pilar MIRALLES CASTILLO, pour son œuvre « Cello Concerto « Five Pieces of Advices »

Nationalité : espagnole
Âge : 22 ans
Parcours : diplômée du cursus de composition du Conservatoire Royal Supérieur de Grenade, Victoria Eugenia
Son oeuvre – Five pieces of advice

Le concerto pour violoncelle Five Pieces of Advice (“Cinq conseils”) a été composé en septembre 2019 et constitue ma troisième œuvre orchestrale. Il a été composé à partir des règles imposées par le concours : cinq mouvements de deux minutes chacun. La difficulté était de respecter cette durée spécifique à chaque mouvement tout en y développant totalement mes idées musicales. C’était également un défi de parvenir à de la cohérence sur l’ensemble du concerto. Comme l’explique le titre, le concept de cette pièce est “cinq conseils” qui sont les étapes que j’ai l’habitude de suivre pour trouver l’inspiration et la motivation face à une nouvelle pièce : Stand Up (Levez-vous), Walk (Marchez), Close Your Eyes (Fermez les yeux), Take a Deep Breath (Prenez un souffle profond), et Now You Are Ready (Maintenant vous êtes prêt). Tous les mouvements partagent des matériaux identiques et comportent des ressources communes telles que l’harmonie quartale, des accords majeurs avec un triton de la tonique, etc. La structure dans son ensemble est en quelque sorte une fractale dans laquelle le premier et le cinquième mouvement sont énergiques et agités, le deuxième et le quatrième mouvement sont caractérisés par un matériau composé de notes répétées augmentant en dynamique jusqu’à un point culminant, et le troisième mouvement fonctionne comme une cadence pour le violoncelle solo. Certains matériaux de la partie orchestrale de ces mouvements sont réutilisés dans le cinquième mouvement, où tous les motifs sont combinés pour obtenir une cohérence dans la pièce entière.

Source : Orchestre national d’Île-de-France

La ludification des œuvres pour renforcer la relation aux publics

La ludification : utiliser le jeu comme outil pédagogique et expérience culturelle
Qu’est ce que la ludification ?

Aussi appelée « gamification » (anglicisme), la ludification est l’application de mécanismes ludiques à ce qui ne relève pas du jeu. Elle peut être appliquée au domaine numérique via une application ou un jeu en ligne mais peut aussi prendre la forme d’un jeu de société standard avec du matériel à manier : plateau de jeu, cartes, pions, etc.

De plus en plus utilisé pour acquérir un public, pour en fidéliser un autre ou encore pour fédérer les membres d’une équipe en interne, le jeu connait une ère de revalorisation. Il n’est plus réservé aux enfants. Il fait partie intégrante d’une expérience culturelle tout en étant un outil pédagogique (puisqu’il propose un processus d’apprentissage).

Deux exemples proposés actuellement par l’Orchestre de Paris
  • Monsieur Onde

L’objectif du projet de « Monsieur Onde »  est de faire en sorte que le public s’approprie les œuvres différemment. Ce projet est représenté par un petit personnage (Monsieur Onde) qui va suivre l’utilisateur du jeu tout au long de son parcours. L’utilisateur a le choix entre deux parcours : 

La discothèque : l’utilisateur navigue comme il le souhaite entre les œuvres. Il choisit l’ordre des œuvres écoutées et peut à chaque écoute attribuer un adjectif ou un nom pour caractériser l’oeuvre (« surprenant », « mélancolique », « frisson », « tragique », etc) souvent en lien avec l’émotion ressentie lors de l’écoute. Cette expérience ludique est accessible à tous puisqu’elle ne requiert aucune compétence ou connaissance dans le domaine artistique.  Le caractère pédagogique est ici bien présent puisqu’en écoutant les œuvres, l’utilisateur mémorise le ou la compositrice écoutée, des caractéristiques clés de l’oeuvre, se forme un premier socle de connaissances à ce sujet.

Le puzzle : l’utilisateur navigue à travers plusieurs niveaux. A chaque niveau, il prend la place du chef d’orchestre et doit reconstituer l’extrait de l’oeuvre correctement en redonnant à chaque instrument, la partition qu’il interprète. Ce jeu s’adresse à un public ayant les connaissances de bases de l’orchestre (reconnaissance des instruments de musique à l’écoute). L’avantage du jeu est que l’on retient 80% du sujet abordé par rapport à une approche basique car l’utilisateur s’approprie les différents éléments du jeu. Ici, il s’approprie les différentes parties d’instruments dans une oeuvre mais aussi les différents thèmes qu’il doit replacer dans le bon ordre.  

Ce double jeu permet de valoriser le patrimoine de la musique symphonique en liant un jeu de « puzzle » autour d’un répertoire d’œuvres mais aussi de naviguer dans une discothèque virtuelle d’œuvres symphoniques afin d’attribuer à chaque œuvres écoutée, un adjectif caractéristique de l’oeuvre lié à une émotion ressentie pendant l’écoute. 

  • Résonance

L’objectif du projet « Résonance » est de proposer une expérience numérique ludique mêlant musique classique et art pictural. Dès l’annonce de la consigne, le spectateur entre directement dans l’action puisqu’il se glisse dans le rôle du chef d’orchestre. A l’écoute d’une oeuvre, les couleurs et les formes apparaissent au même rythme que les instruments interviennent dans la partition. L’utilisateur va alors pouvoir créer aux grès de ses envies et de son imagination, sa propre oeuvre d’art. Cette expérience ludique est accessible à tous puisqu’elle ne requiert aucune compétence ou connaissance dans le domaine artistique.

Des études ont montré qu’à l’écoute d’une musique, le cerveau humain partage une « palette d’émotions » et peut associer des couleurs à la musique.  En partant de ce principe de « Synesthésie » et influencé par le travail d’artistes tels que Paul Klee, Kasimir Malévitch, l’Orchestre de Paris a imaginé des univers visuels autour des deux morceaux proposés.

Et maintenant laissez-vous emporter par la musique et votre imagination en faisant l’expérience de Résonance.

Ruth Reinhardt, une jeune cheffe d’orchestre à suivre de près !

Ruth Reinhardt, jeune cheffe d’orchestre allemande a fait ses débuts français à l’Orchestre national d’Île-de-France début décembre.
La première saison du directeur musical et chef d’orchestre de l’Orchestre national d’Île-de-France, Case Scaglione, s’est ouverte en octobre avec un programme wagnérien. En attendant le retour du directeur musical en janvier pour une série beethovénienne, plusieurs chefs invités se succèdent à la tête de l’orchestre.
Après l’interprétation du Sacre du Printemps de Tito Muñoz, le public de l’orchestre a pu découvrir Ruth Reinhardt (photo), jeune cheffe d’origine allemande qui, d’abord formée dans son pays natal et en Suisse, a par la suite étudié auprès d’Alan Gilbert à la Juilliard School.  «Conducting fellow » à Boston et Seattle en 2015-2016, « Dudamel fellow » à Los Angeles en 2017-2018, assistante de Jaap van Zweden au Dallas Symphony de 2016 et 2018, l’artiste connaît un début de carrière outre-Atlantique, puis en Allemagne et dans les pays scandinaves. On se réjouit  donc que la France, grâce à l’ONDIF, ait pu pour la première fois juger de ses qualités.
Le résultat ? Vifs applaudissements à chaque concert du 29 novembre au 3 décembre 2019 et nombreux rappels pour la jeune cheffe d’orchestre qu’il faudra suivre de très près !

Source : Concertclassic

L’Orchestre Symphonique de Bretagne labellisé « Orchestre national en région »

Le ministre de la Culture, Franck Riester, a décerné à l’Orchestre Symphonique de Bretagne le label d’ »Orchestre national en région ».

Cette reconnaissance vient souligner le travail de l’Orchestre Symphonique de Bretagne : son ambitieuse politique de diversification programmatique, son maillage territorial et son engagement pour l’éducation. L’OSB devient ainsi le 13e orchestre labellisé.

Selon le communiqué officiel du Ministère de la Culture, « Le projet porté par Marc Feldman depuis 2012, et placé sous la baguette du chef Grant Llewellyn, se distingue par sa modernité et son innovation, tant dans l’approche des publics, que dans l’effort de renouvellement des formes et des répertoires. Il s’inscrit pleinement dans l’ouverture et l’excellence que l’État a souhaité promouvoir dans le cadre du cahier des missions et des charges du label « orchestre national en région » paru en 2017 ». Par ailleurs, le Ministre Franck Riester forme le vœu «que ce soutien institutionnel renouvelé permette de fédérer d’autres partenaires au profit du développement de ce projet remarquable en Bretagne, en France, et à l’international.»

Le label « Orchestre national en région » permet à l’Orchestre Symphonique de Bretagne de sécuriser l’obtention de financements publics. Pour obtenir ce label, l’OSB a du favoriser la création et le renouvellement du répertoire, produire et diffuser des œuvres orchestrales, s’engager en faveur de la permanence artistique, soutenir les créateurs et les artistes, y compris en début de carrière mais aussi développer une politique en matière de transmission et d’action d’éducation artistique et culturelle.

L’Orchestre Symphonique de Bretagne remercie les élus de la Région Bretagne et de la Ville de Rennes de leur soutien à cette candidature.

Pour l’Orchestre Symphonique de Bretagne, qui fête son trentième anniversaire cette saison, cette labellisation est un encouragement à poursuivre sa politique de décloisonnement et son travail au plus près des territoires pour amener la musique à tous.

Reconnu pour l’éclectisme de sa programmation et son soutien à la création contemporaine (en 2019-2020, la création contemporaine représente 25% des œuvres programmées), l’Orchestre Symphonique de Bretagne se distingue notamment par ses incursions réussies dans le domaine du jazz (avec Ibrahim Maalouf, Branford Marsalis, Samy Thiébault, Guillaume Saint-James, Omar Sosa) ou de la musique celte (avec Carlos Nunez, Denez Prigent, Dan Ar Braz, Marthe Vassallo…) et par ses partenariats inattendus avec des artistes de horizons différents tels que le photographe Stéphane Lavoué et l’océanographe Laurent Chauvaud.

L’Orchestre Symphonique de Bretagne se produit partout dans sa région, et en est un ambassadeur au-delà, mais c’est surtout une formation engagée au quotidien auprès de tous les publics, à travers de très nombreux projets d’action culturelle menés auprès de tous les publics, de la petite enfance aux publics empêchés.

L’Orchestre Symphonique de Bretagne, créé en 1989, bénéficie du soutien de la Région Bretagne, de la Ville de Rennes, du Ministère de la Culture-DRAC Bretagne, de Rennes Métropole et des Départements d’Ille-et-Vilaine, du Morbihan, et ses partenaires privés du Cercle Symphonia.

Contacts presse

Presse nationale :
Sylvie Valleix
empreinte@sylvievalleix.com / 06 11 86 45 32

Presse régionale :
Camille Ceysson
ceysson@o-s-b.fr / 06 89 13 11 17

Source : Orchestre symphonique de Bretagne

Deux Haydn sinon rien

Deux orchestres, deux symphonies, deux visions d’interprétation

Mettre en regard deux symphonies, deux effectifs et deux esthétiques différentes lors d’un même concert, telles sont les composantes d’une soirée pour le moins originale imaginée par Julien Chauvin.
Initié à Limoges avec l’orchestre de l’Opéra de Limoges (OLIM) en 2018, ce concept sera proposé à la Cité musicale-Metz dans le cadre du temps fort « Osez Haydn ! » qui se déroulera du 6 au 9 novembre 2019 autour de concerts, expositions, conférences et d’un goûter Viennois. Deux symphonies de Haydn seront exécutées successivement par un orchestre sur instruments anciens dirigé du violon, le Concert de la Loge, et un orchestre moderne dirigé de la baguette par Julien Chauvin, l’Orchestre national de Metz. Présenté par Antoine Pecqueur, ce concert constitue une traversée de l’évolution de la facture instrumentale, de l’écriture du genre symphonique et des multiples possibilités d’interprétation.
L’ambition de cette soirée, est de faire entendre au public les différences liées aux instruments et aux interprétations en révélant les qualités de chacun de ces deux choix esthétiques. Il s’agit donc de dépasser la frontière qui oppose parfois les musiciens des ensembles indépendants et ceux des orchestres permanents traditionnels. Un soirée pleine d’audace où l’on ose non seulement aborder Haydn, mais également faire dialoguer deux esthétiques différentes en illustrant la valeur ajoutée et complémentaire de ces visions antagonistes.

Programme

Vendredi 8 novembre 2019, 20h, Grande Salle de l’Arsenal, Cité musicale-Metz

Symphonie Parisienne n° 86 en ré majeur Hob I: 86 avec Le Concert de la Loge
Symphonie n° 45 en fa# mineur « Les Adieux » Hob I: 45 avec l’Orchestre national de Metz

Julien Chauvin : violon & direction
Antoine Pecqueur : présentation
Le Concert de la Loge
L’Orchestre national de Metz

Contact

Emmanuelle Vassal, administratrice, Le Concert de la Loge,
emmanuelle@concertdelaloge.com, +33 (0)6 88 83 53 94

« Normandie lyrique et symphonique » : une coopération pour renforcer la création et la diffusion musicale

Le 29 mai dernier, Hervé Morin, Président de la Région Normandie, a présenté à l’Opéra de Rouen, en présence de Catherine Morin Desailly, Présidente de la commission culture, tourisme et attractivité du territoire, la nouvelle plateforme régionale « Normandie lyrique et symphonique ». 

Le projet « Normandie lyrique et symphonique »

L’Opéra de Rouen-Normandie, le Théâtre de Caen, et l’Orchestre Régional de Normandie, sous l’impulsion de la Région Normandie, et en concertation avec la DRAC, ont souhaité unir leurs efforts pour produire et diffuser ensemble les œuvres lyriques et orchestrales. Cette coopération culturelle, unique en France, porte le nom de « Normandie lyrique et symphonique ».

La Normandie est dotée de partenaires majeurs qui développent des activités dans les domaines lyrique et symphonique, tel que l’Opéra de Rouen-Normandie, théâtre lyrique d’intérêt national, le Théâtre de Caen, scène lyrique conventionnée, ainsi que l’Orchestre Régional de Normandie. Chacune de ces trois structures développe des projets artistiques singuliers, complémentaires, largement ouverts à la création et au renouvellement des formes, tout en proposant des spectacles pour tous les publics. Sur la saison 2017-2018, les trois partenaires ont totalisé 549 levers de rideaux pour près de 300 000 spectateurs.

À travers la création de la plateforme « Normandie Lyrique et Symphonique­» élaborée conjointement avec l’Etat, ce trio d’excellence s’est lancé dans la co-construction d’un projet artistique ambitieux, orienté vers les territoires, résolument attaché à favoriser les liens entre l’institution et avec les publics dans leur diversité.

La plateforme répond à plusieurs objectifs :

  • Coordonner des projets musicaux dans une synergie des équipes et des moyens
  • Offrir une équité territoriale pour l’accès à la musique
  • Favoriser l’accès du plus grand nombre aux spectacles par des actions de médiation, des actions éducatives, des tarifs préférentiels..
  • Favoriser la mise en valeur du patrimoine normand dans le cadre de la diffusion des projets produits par les trois partenaires au sein de la plateforme
  • Développer la professionnalisation du secteur musical

La Région Normandie affirme ainsi son engagement dans la mise en oeuvre effective des droits culturels, en lien étroit avec l’État et les collectivités dans le cadre de la compétence culturelle partagée. Elle entend également démontrer que l’avenir est à la coopération des forces et des atouts, à la mutualisation des coûts par des coproductions originales. Par ce rapprochement, elle marque son soutien aux initiatives, en accompagnant un projet instrumental innovant, permettant d’aborder tous les formats (de l’ensemble de chambre au grand orchestre symphonique) et tous les répertoires de la musique pour orchestre.

Les productions sont financées conjointement par les partenaires selon leur implication dans chaque projet, et par la Région Normandie, via le Fonds d’aide lyrique et symphonique en Normandie. Créé spécifiquement et adopté en Assemblée plénière le 15 octobre 2018, ce fonds est abondé par la Région à hauteur de 100 000 euros.

Lors de la saison 2017-2018 plusieurs coproductions ont été portées à titre expérimental dans le cadre de cette plateforme.

  • Grande forme lyrique : Opéra : Der Freischutz de Carl Maria von Weber (coproduction : Opéra de Rouen-Normandie, théâtre de Caen. Création au théâtre de Caen les 1er et 3 mars 2019 et reprise les 15 et 17 novembre à l’Opéra de Rouen)
  • Petite forme lyrique : Nahasdzaan ou le monde scintillant, création de Thierry Pécou avec l’Ensemble Variances (nouvelle production de l’Opéra de Rouen-Normandie en coproduction avec le Théâtre de Caen. Création mondiale à l’Opéra de Rouen Normandie les 23et 25 avril 2019 et reprise au Théâtre de Caen le 2 mai 2019)
  • Programme symphonique : Concert Musica Baltica dans le cadre du festival les Boréales à Caen (Orchestre Régional de Normandie et Orchestre de l’Opéra de Rouen-Normandie, Direction : Jean Deroyer, première au théâtre de Caen le 15 novembre 2018)

En outre, la 9ème symphonie de Beethoven est programmée les 2 et 4 juin 2019 à l’Opéra de Rouen-Normandie avec les chœurs de la Région Normandie, l’Orchestre de l’Opéra de Rouen-Normandie, et l’Orchestre Régional de Normandie, sous la direction de Jamie Phillips.

Le soutien de la Région Normandie aux musiques savantes…

Pour 2019, la Région Normandie consacre plus de 10,5 millions d’euros à toutes les musiques savantes, notamment aux grands acteurs du lyrique et du symphonique en Normandie :

  • 7,6 millions destinés à l’Opéra de Rouen-Normandie et à la chapelle Corneille auditorium de Normandie,
  • 1,8 million d’euros pour l’Orchestre régional de Normandie,
  • 515 000 euros pour le Théâtre de Caen,
  • 587 000 euros alloués aux Ensembles et aux festivals de musique classique et contemporaine,
  • 75 000 euros pour l’Académie Bach,
  • 65 000 euros pour la structure l’Art et la manière.
  • La Normandie sera la première Région à prendre en charge, dans le cadre de ses nouvelles compétences, l’organisation et le financement des classes préparatoires à l’enseignement supérieur de la création artistique dans le domaine du spectacle vivant (musique, danse, théâtre). Des crédits de l’Etat seront ensuite transférés après l’adoption d’un Schéma Régional des Enseignements Artistiques.

 

Contact presse :

Laure Wattinne – 02 31 06 78 96 – laure.wattinne@normandie.fr

 

 

Sources : Orchestre Régional Normandie, Région Normandie, Théâtre de Caen, Opéra de Rouen Normandie

Julie Mestre, nouvelle administratrice générale de l’Orchestre des Pays de Savoie

Entretien avec Julie Mestre, nouvelle administratrice générale de l’Orchestre des Pays de Savoie recueilli par l’Orchestre des Pays de Savoie

Julie Mestre, vous avez été nommée à l’unanimité Administratrice Générale de l’Orchestre des Pays de Savoie. Quel a été votre sentiment premier en l’apprenant ?

Cela a été une immense joie. Tout est allé très vite en réalité, j’avais le sentiment que le jury de sélection s’était bien déroulé, mais je ne m’étais volontairement pas renseignée sur le profil des autres candidats, afin de rester concentrée sur ce que j’avais moi-même à apporter à l’orchestre. J’ai effectivement beaucoup travaillé à mon projet. Le soir même du jury, j’ai reçu un appel m’annonçant que j’avais été choisie, à l’unanimité effectivement. Cela est bien sûr flatteur, c’est une très belle preuve de la confiance qui m’est accordée par les membres du jury, mais cela représente surtout pour moi une obligation ; celle d’être à la hauteur des responsabilités qui m’attendent et de les assumer au maximum pour être pleinement engagée à accompagner l’Orchestre des Pays de Savoie dans son développement.

Vous avez un solide bagage dans le milieu culturel, que ce soit dans l’univers de l’art, comme de la musique. Pouvez-vous nous parler un peu plus de votre parcours ?

Je suis diplômée de Sciences Po Paris, j’ai fait un master en affaires publiques avec une spécialité sur la gestion des administrations culturelles. J’ai débuté mon parcours professionnel au ministère de la Culture, où j’étais chargée du suivi administratif et budgétaire des établissements publics du spectacle vivant principalement. Cette première expérience a été structurante dans mon parcours, j’en ai tiré des enseignements qui me servent toujours aujourd’hui. Cela m’a ensuite donné l’opportunité d’évoluer en interne vers un poste de tutelle, à la délégation à la musique du ministère, qui consistait à accompagner les établissements publics de musique symphonique et lyrique – Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Philharmonie de Paris – sur l’ensemble de leurs enjeux administratifs et métiers. Cela m’a permis de contribuer aux politiques publiques en matière musicale. J’ai ensuite souhaité mettre en application ces enseignements en évoluant sur un poste plus opérationnel, d’adjointe au directeur administratif et financier de l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs, où je me suis beaucoup plu.

A côté de cela, j’ai toujours poursuivi ma pratique du violon, commencée enfant, et je fais actuellement partie d’un orchestre symphonique amateur dont le cœur de mission est de travailler à la transmission et à l’accessibilité à tous de la musique classique.

Pourquoi l’Orchestre des Pays de Savoie vous a séduite, vous donnant envie de tenter l’aventure ?

Au-delà de l’excellence de la formation, j’ai été sensible à deux particularités de l’Orchestre des Pays de Savoie : son engagement culturel et sa dimension humaine. L’Orchestre des Pays de Savoie défend, et fait vivre l’idée, d’une musique classique itinérante, accessible au plus grand nombre. C’est la clé qui lui permet d’allier à mon sens modernité et excellence. Cette politique d’ouverture et de partage portée par l’Orchestre des Pays de Savoie au travers de ses actions de sensibilisation et de démocratisation culturelle m’a particulièrement touchée. C’est un engagement qui rejoint entièrement les convictions qui m’animent et mon sens du service public. Par ailleurs, il me semble que la dimension humaine de l’orchestre, de par ses dimensions réduites et des personnalités qui en font la richesse, est susceptible de créer une relation privilégiée avec le public. Il y a donc un fort engagement collectif.

Quel bilan feriez-vous de l’historique riche de l’Orchestre des Pays de Savoie avant votre arrivée ?

En 35 ans d’existence, l’Orchestre des Pays de Savoie a atteint des niveaux d’excellence et d’engagement artistiques remarquables. Sa force réside dans l’ancrage territorial marqué qu’il a acquis au fil des années. Cela résulte du travail accompli ces dernières années par le Directeur musical et son équipe, c’est aussi le fruit de l’engagement des musiciens, ainsi que celui du pacte territorial fort qui a donné naissance à l’orchestre et a accompagné son développement. En visant l’excellence artistique, en s’engageant dans des actions en direction des publics « éloignés » et « empêchés », en remplissant la mission d’implantation et de diffusion dans les territoires des Savoies et en région, je crois que tous ont œuvré à faire de l’Orchestre des Pays de Savoie un véritable partenaire pour les politiques d’aménagement culturel du territoire.

Comment imaginez-vous l’avenir de l’Orchestre des Pays de Savoie ?

Il me semble indispensable de tirer parti de la dimension atypique de l’Orchestre des Pays de Savoie dans le paysage des orchestres régionaux pour penser son avenir. La nature chambriste de l’Orchestre des Pays de Savoie et son absence de lieu permanent de représentation sont autant de spécificités qui doivent être envisagées comme des atouts pour faire de l’orchestre une formation moderne, par sa mobilité et par sa capacité à établir une relation de proximité avec le public. Cela impose que l’orchestre soit en permanence en prise avec les enjeux de son temps, dans ses propositions musicales, dans ses approches, dans son fonctionnement et sa gestion, aujourd’hui tout comme à l’avenir. C’est là tout le défi.

Chaque Administrateur apporte sa pierre à l’édifice, pour faire grandir cette institution de plus de 35 ans. Qu’avez-vous envie de poursuivre ? Que souhaiteriez-vous développer ?

La diversité des publics de l’Orchestre des Pays de Savoie est une de ses richesses qu’il s’agit de préserver. Entretenir cette proximité et irrigation du territoire – qui font l’identité et la vitalité de l’Orchestre des Pays de Savoie – et développer son rayonnement national et international implique de cultiver en permanence l’ambition et l’exigence artistique, au service du public.

Je souhaite également travailler à ce que l’Orchestre des Pays de Savoie soit en capacité de faire preuve de dynamisme permanent, d’innovation et de modernité afin d’investir les nouveaux défis et enjeux des politiques publiques culturelles et du monde musical plus largement : accompagnement des personnels artistiques, ouverture aux amateurs, poursuite des actions d’éducation artistique et culturelle, soutien aux objectifs de diversité et d’égalité femme-homme, etc.

Source : Orchestre des Pays de Savoie

Retrouver l’orchestre 20 ans après sa classe de CM2

20 ans après : retour à l’Orchestre !

Presque 20 ans après avoir été accueillis en résidence à l’orchestre, d’anciens écoliers, aujourd’hui trentenaires retrouveront l’Orchestre national de Metz le 12 octobre prochain à l’Arsenal. Lors de la saison 1999-2000, ces jeunes de CM2 de l’école de Richemont (Moselle) ont vécu une expérience unique d’une semaine, immergés au cœur de la vie d’un orchestre symphonique.

La première classe en résidence à l’Orchestre national de Metz

En 1999, l’orchestre, sous l’impulsion de son chef Jacques Lacombe et de Marie-Pierre Macian, responsable des relations publiques, lançait un programme éducatif novateur mettant au centre la relation privilégiée Enfant-Musicien, les notions de créativité et pratique artistique, et l’immersion au cœur de l’univers symphonique.

A cette occasion, la première classe en résidence fut lancée. Après quelques mois de préparation avec leur enseignante, Janine Bauquis et Christelle Bertringer, intervenante en musique, chaque enfant parrainé par un musicien a participé à la vie de l’orchestre : rencontre avec le chef d’orchestre, participation aux répétitions, à des présentations d’instruments, et au concert final à l’Arsenal au cours duquel ils ont présenté une courte création musicale en lever de rideau du concert la Carmencita, dédié à la musique espagnole.

Les actions d’éducation artistique et culturelle : et après ?

En 2018, Marie-Pierre Macian mûrit l’idée du projet « 20 ans après ! ». Sa volonté fait suite à ses réflexions sur l’importance d’un retour d’expérience sur les projets éducatifs des orchestres ; sa démarche s’inscrit également dans l’idée d’un prolongement possible à donner au Livre blanc des actions éducatives des orchestres qu’elle a co-écrit avec Philippe Fanjas, directeur de l’Association Française des Orchestres (AFO) en 2003. Fin 2018, elle contacte Janine Bauquis et se met en relation avec Antigone Mouchtouris, professeure de sociologie à l’Université de Lorraine, spécialiste des questions artistiques et culturelles. La Cité musicale de Metz et l’orchestre adhèrent immédiatement à ce projet. Tous partagent cet enthousiasme de retrouver ces jeunes désormais trentenaires. Que sont-ils devenus ? Se souviennent-ils de cette expérience unique ? Quel impact a-t-elle pu avoir dans leur vie ?  Quelques mois plus tard, 23 jeunes sur 24 sont retrouvés !

Au premier semestre 2019, s’inscrivant dans la logique de l’enquête nationale menée en 2018 par l’Association Française des Orchestres (AFO) sur le rôle sociétal des orchestres, des entretiens individuels sont menés auprès de ces jeunes trentenaires pour comprendre quelle a été la place éventuelle de ce moment privilégié dans leur vie. Mathilde Feutry, étudiante en Master 2 à l’Université de Lorraine et stagiaire à la Cité Musicale et Janine Bauquis ont interrogé 13 de ces anciens élèvesIl ressort de ces entretiens que chaque jeune interviewé se souvient de cette expérience, elle a été vécue comme positive ; ils souhaitent qu’elle puisse être vécue par d’autres jeunes aujourd’hui, et par ailleurs ils seraient partants pour revivre ce type d’expérience en tant qu’adulte, avec un emploi du temps un peu aménagé ! Pour certains, cette expérience a été marquante : ils ont commencé une pratique musicale, décidé de continuer à écouter des orchestres symphoniques après cette première expérience ; ils mettent en avant l’importance du collectif, l’aventure hors de leur quotidien, la découverte d’un univers différent, la rigueur du métier de musicien d’orchestre, ils se sont ouverts à l’idée de « vivre de sa passion » ;  ils se souviennent de leurs parrains-musiciens, du chef d’orchestre, du « stress » et des enjeux de la représentation en public. Certains évoquent leur souhait de transmettre à leurs enfants cette passion de la musique.

Le 12 octobre 2019 sont prévues les retrouvailles avec l’orchestre. Lors d’un concert à l’Arsenal, les jeunes retrouveront leurs parrains-musiciens et rencontreront l’actuel directeur artistique : David Reiland. Ils se replongeront ainsi dans l’univers symphonique pour un moment tout à fait spécial.

Pour prolonger cet anniversaire, en mai 2020, l’orchestre accueillera deux nouvelles classes en résidence originaires de l’école primaire de Richemont !

Les acteurs du projet
  • Service Education et Médiation – Orchestre National de Metz – Cité musicale de Metz
    • Caroline Philippe, chargée de projet Education et Médiation
    • Mathilde Feutry, stagiaire Master 2 Expertise et Médiation culturelle, Université de Lorraine
    • Les Parrains-Musiciens de l’Orchestre
  • Marie-Pierre Macian, ancienne responsable des relations publiques de l’orchestre (1998-2001), co-auteur avec Philippe Fanjas de : « Prêtez l’oreille ! Livre blanc des actions éducatives des orchestres», AFO 2003
  • Janine Bauquis, ancienne enseignante de la classe de CM2 de Richemont
  • Christelle Bertringer, intervenante en musique (dumiste)
  • Antigone Mouchtouris, professeure de sociologie, Université de Lorraine, Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales – 2L2S.

Témoin de l’activité des orchestres et fortement impliquée dans toutes les questions de société, l’Association Française des Orchestres soutient ce projet.

Contact

Marie-Pierre Macian : 06 86 97 13 41 – marie.macian@gmail.com

Source : Marie-Pierre Macian