culture

Migrations : intégration et insertion par la musique

Mercredi 12 décembre, le mouvement Habitat et humanisme organisait le premier acte du projet EUTERPE en partenariat avec l’Association Française des Orchestres, Cultures du cœur, la Févis et Petit Bain. Une journée d’information, de réflexion et de travail pour parler du rôle que peuvent jouer la musique et les acteurs de ce secteur dans l’accueil, l’intégration et l’insertion professionnelle des réfugiés en France. 

Cette journée a aussi permis de mettre en avant le travail engagé par plusieurs orchestres membres de l’AFO :

  • l’Orchestre de chambre de Paris avec le projet de composition musicale participative « Chansons migrantes » ;
  • l’Ensemble intercontemporain
  • l’Orchestre national de Lille
  • l’Orchestre national d’Ile-de-France
  • l’Orchestre d’Auvergne, avec différentes actions citoyennes et solidaires ;
  • l’Orchestre de l’Opéra de Limoges
  • l’Orchestre national de Metz, avec le projet du réseau Bérénice ;
  • l’Orchestre de l’Opéra de Rouen, avec son projet d’opéra solidaire ;
  • l’Orchestre Français des Jeunes.

Lire l’introduction de Philippe Fanjas à cette journée de conférence ici.

Les emplois aidés dans le secteur de la musique vivante

Les emplois aidés sont un moyen d’insertion professionnelle ou de retour à l’emploi efficace. Ils sont souvent l’unique façon de créer un emploi pour les petites associations et la condition pour faire vivre et développer leurs projets artistiques. L’Association Française des Orchestres et six autres instances du secteur musical se positionnent pour souligner le besoin de trouver des aides à l’emploi adaptées aux spécificités des structures qu’elles représentent.

L’Association Jazzé Croisé (AJC Jazz), l’Association Française des Orchestres (AFO), Grands Formats, la Fevis – Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux… (FEVIS), France Festivals, Futurs Composés et la Réunion des Opéras de France (ROF) ont réalisé une enquête sur les CUI-CAE et contrats d’avenir au sein de leurs 423 structures adhérentes.
Elle vient compléter la déclaration de l’Union syndicale des employeurs du secteur public du spectacle vivant (USEP-SV) du 4 septembre dernier.
  • 238 structures répondantes, soit un taux de réponse de plus de 50 %
  • 114 emplois sont concernés en 2016 et/ou 2017
  • Un tiers des répondants emploient ou ont employé des CUI-CAE et contrats d’avenir
Parmi ces 92 structures concernées, les emplois aidés sont particulièrement importants au sein des plus fragiles, associatives, non labellisées, disposant de moins de 4 Equivalents Temps Plein.
  • équipes artistiques indépendantes (musiques anciennes, théâtre musical, jazz et musiques improvisées, contemporain) : 57% des emplois administratifs et techniques (hors emplois artistiques)
  • festivals et lieux de diffusion : 30%
  • orchestres et opéras : 2%
61% des contrats aidés pour lesquels l’aide attribuée est arrivée à échéance ont été transformés en CDI dans la structure.
Les structures ayant répondu à l’enquête précisent que ces aides de l’Etat sont bien souvent l’unique façon de créer un emploi pour les petites associations et la condition pour faire vivre et développer durablement leurs projets artistiques.
Elles ajoutent qu’elles sont en même temps un moyen d’insertion professionnelle ou de retour à l’emploi efficace. Elles donnent la possibilité à des personnes fragilisées ou sans expérience – jeunes ou plus âgées – d’accéder ou de revenir à l’emploi, d’acquérir une véritable expérience professionnelle, de reprendre confiance en elles et ainsi de se faire une place dans la société en même temps que dans leurs structures. Elles servent donc les politiques de l’emploi.
La baisse brutale du nombre de contrats aidés, le blocage actuel de l’attribution des financements et le manque de visibilité sur les décisions qui vont être prises fragilisent donc tout un secteur et par là-même mettent en danger des formes artistiques essentielles. Des aides à l’emploi adaptées aux spécificités de nos structures culturelles associatives sont indispensables pour la pérennité et le développement des formes artistiques que nous représentons à un moment où l’activité administrative, de production et de diffusion devient de plus en plus complexe et alors que les aides que l’Etat développe par ailleurs sont souvent conditionnées à des critères d’emploi.
Les structures ayant participé à cette enquête souhaitent travailler avec le Ministère de la Culture, en lien avec les syndicats d’employeurs, pour rechercher des solutions à l’emploi pérenne dans le secteur culturel non marchand.

Pour que vivent les orchestres et les maisons d’opéra

Pour que vivent les orchestres symphoniques et lyriques, les chœurs et les théâtres d’opéra !

Au cours des dernières années, de nombreux orchestres ont été contraints de cesser leur activité en Europe et dans le monde : en Bulgarie, au Danemark, en Allemagne, en Grèce, aux Pays-Bas, en Espagne ou encore en Argentine ou aux Etats-Unis. Tout récemment, la direction de l’Opéra de Rome a pris brutalement la décision de licencier la totalité de ses artistes permanents, 182 musiciens et choristes.

A Rome ou ailleurs, la permanence d’un orchestre ou d’un opéra est un gage de qualité artistique ; Grâce à l’ancrage territorial qu’elle permet, elle est garante de la proximité et de l’accès pour tous que vous, citoyens, êtes en droit d’attendre.

C’est ce modèle qui est remis en cause.

Pourtant la culture, la musique symphonique et l’art lyrique sont des biens communs qu’il faut donner en partage au plus grand nombre : cela fonde les missions de service public assurées par les orchestres et maisons d’opéras de notre pays.

Dans une époque marquée par l’économie du savoir, tourner le dos à la culture serait assurément s’affaiblir. Mais ce serait aussi perdre le fil de ce qui nous rassemble autour de valeurs partagéespour faire société.

Au fil des années et des siècles, un tissu mondial d’orchestres et de maisons d’opéra s’est constitué. Il a pu résister aux turbulences économiques, aux changements de régimes, aux guerres… La crise économique mondiale en cours n’est ni pire ni plus exceptionnelle que dans le passé. Rien ne peut justifier les risques d’anéantissement de tout un patrimoine, de tout un savoir-faire, de toute une histoire. Rien ne peut justifier que des ressources artistiques et culturelles investies dans la création et l’innovation soient sacrifiées.

Nous, organisations d’employeurs et de salariés, nous associons donc à la campagne de la Fédération internationale des musiciens (FIM) menée à travers à le monde pour la défense des orchestres permanents et des maisons d’opéra, entre le 17 et le 30 novembre 2014.

Pour que vivent les orchestres, signez la pétition!

Association Française des orchestres (AFO), CGT Radio-France, Chambre Professionnelle des Directions d’Opéra (CPDO), Fédération Nationale des Syndicats du Spectacle du Spectacle, , de l’Audiovisuel et de l’Action Culturelle –CGT (FNSAC-CGT), Syndicat Français des Artistes Interprètes-CGT (SFA-CGT), Syndicat National des Enseignants et Artistes-UNSA (SNEA-UNSA), Syndicat National des Musiciens-FO (SNM-FO), Union Nationale des syndicats d’Artistes Musiciens de France –CGT (SNAM-CGT), Sud Culture, Syndicat National des orchestres et des théâtres lyriques (SYNOLYR), Syndicat National des Professionnels du Théatre et des Activites Culturelles – CGT (SYNPTAC-CGT)

Téléchargez la version PDF

Lire l’appel de la FIM (en anglais)

FIM campaign.emf

Maison de la radio / Week-end d’ouverture

La maison de la radio vous convie à un week-end exceptionnel les 14, 15 et 16 novembre 2014!
Au programme, des manifestations speciales « fête d’ouverture »

(C) droits réservés

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Du vendredi 14 novembre 11h et jusqu’au dimanche 16 novembre 23h, vous pourrez assister à des émissions de radio, à des concerts exceptionnels de France Bleu, France Culture et France Inter dans le studio 104 entièrement rénové. Ce sera également la première occasion d’expérimenter l’acoustique du nouvel Auditorium avec les orchestres, le Chœur de Radio France et la Maîtrise de Radio France. Et de déambuler au gré des animations et danser lors des DJ sets dans les grands halls.

Samedi 15 novembre 2014 à 20h00, ne manquez pas le concert à la l’Auditorium de la Maison de la Radio « De Carmen à Gershwin » 
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Les réservations en ligne sont closes, mais vous avez toujours la possibilité de venir assister à cet événement dans la limite des places disponibles.

Rencontre / Léo Hussain, Directeur musical de l’Opéra de Rouen

Chaque spectacle, chaque concert, chaque soirée est l’occasion d’un rituel. Pour le public, pour le personnel d’une salle, pour les artistes.

Leo Hussain est le nouveau chef principal de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie depuis septembre 2014.

Nous vous avions déjà présenté son parcours. Aujourd’hui, découvrez le témoignagne de ses premiers pas à Rouen.

LEO HUSSAIN, DIRECTEUR MUSICAL DE L’OPERA DE ROUEN.
©MarcoBorggreve

©MarcoBorggreve

La saison 2014-2015 marque l’arrivée de Leo Hussain comme chef principal de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie. Le jeune chef anglais a commencé dès 2009 une carrière internationale en devenant directeur musical du Landestheater Salzburg. Très vite, il se fait remarquer au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles dans une nouvelle production du Grand Macabre de Ligeti, mise en scène par La Fura dels Baus et acclamée par le public. Nourri par ses rencontres avec Sir Simon Rattle, Valery Gergiev, Daniel Barenboim et Yannick Nézet-Seguin, il a déjà été l’invité d’orchestres et de maisons d’opéra comptant parmi les plus prestigieux du monde (Wiener Symphoniker, Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin, BBC Symphony Orchestra, Berliner Staatsoper, Theater an der Wien, English National Opera, Theatre Mariinsky, La Monnaie…). Attaché à la diversité des répertoires, Leo Hussain aime aussi bien diriger les grandes partitions classiques de Mozart ou de Beethoven que des créations contemporaines. Cet éclectisme trouve son origine dans le plaisir que le chef éprouve à mettre en relation des pièces qui traversent l’histoire. Nouvelles découvertes assurées ! Avec la venue de Leo Hussain, les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire, entamée maintenant depuis seize ans. L’éclectisme, qui tient à cœur au nouveau chef principal, est depuis toujours un trait dominant de l’Orchestre. Passant de l’interprétation de grandes symphonies du répertoire à la promotion de la musique contemporaine, des feux de la rampe quand ils sont sur scène en concert à la fosse d’orchestre lorsqu’ils jouent dans les opéras, ces artistes voguent sans cesse sur des variantes de registre. Comme chaque année, cette saison fait la part belle à quelques compositeurs que l’on retrouvera à plusieurs reprises dans la programmation. Ainsi Alban Berg et Felix Mendelssohn seront respectivement à l’affiche de deux concerts. Concernant la musique de chambre, plusieurs quatuors du classique Mozart trouveront aussi bien leur place aux côtés des partitions baroques de Vivaldi ou Bach que des tangos d’Astor Piazzolla.

RETROUVEZ LEO HUSSAIN DANS SON PROCHAIN CONCERT AVEC L’ORCHESTRE : Le 27 mars 2015 à 20h00 pour Orchestres en fêtes!  

Manifeste de CAE

La désignation de Tibor Navracsics (Commissaire européen chargé de la Culture, de l’Education, de la Jeunesse et des Sports) a donné lieu à un premier manifeste de CAE. Son audition devant le Parlement Européen a conduit à confier le dossier « Citoyenneté »au Commissiare Dimitris Avramapoulos, chargé des Migrations et des Affaires intérieures. Culture Action Europe poursuit son travail pour s’assurer de la place de la Culture dans le « package Jobs, Growth and Investment », fondement du programme du président Junker en demandant au Commissiare Navracsics de respecter les engagements qu’il a pris pour faire de la Culture l’une des missions transversales et prioritaires du projet européen. Lire le Manifeste CAE.  

Elections européennes : le manifeste de Culture Action Europe

En vue des élections européennes, Culture Action Europe, dont l’Association Française des Orchestres est membre, interpelle les candidats.

(c) Droits réservés - Culture Action Europe

(c) Droits réservés – Culture Action Europe

   

L’APPEL DE CULTURE ACTION EUROPE* POUR LES ÉLECTIONS EUROPÉENNES DE 2014

L’Europe fait aujourd’hui face à des défis radicalement différents de ceux des décennies précédentes : la population vieillit, les ressources naturelles se raréfient, les offres d’emplois manquent, et aucun retour en arrière ne sera possible.

Depuis 2008, on affirme aux Européens qu‘ils traversent une crise, la pire depuis 1929. Chaque année, nous nous attendons à une amélioration de la situation. Chaque année pourtant, la réalité nous prouve le contraire.

Plutôt qu’en situation de crise, la réalité européenne doit être davantage perçue comme une transition d’un ordre mondial vers un autre. Cette transition mènera l’Europe soit vers des inégalités croissantes, soit vers un nouvel accord social fondé sur la durabilité et le respect des droits de l’homme, pour les générations présentes et à venir. Ce qu’elle deviendra dépend des choix que nous faisons maintenant. L’Europe dispose de tous les atouts nécessaires, tant matériels que culturels, pour construire un avenir durable : nous devons les exploiter dès maintenant !

La croissance sociale, et non pas économique, doit devenir la priorité de l’Europe d’aujourd’hui. Il faut améliorer nos compétences culturelles, notre aptitude à coopérer et à penser de façon critique notre ouverture à la diversité, et notre curiosité : tous ces éléments sont indispensables pour l’épanouissement d’une société durable où peuvent se développer les droits, les responsabilités et le bien-être partagé. Le domaine des arts et des sciences contribue de manière significative à assurer un accès à l’éducation pour tous ainsi que le respect scrupuleux de l’ensemble des droits de l’homme.

Le moment est venu pour les décideurs et les citoyens de proposer un discours plus large sur l’avenir de l’Europe, en présentant le développement culturel comme une nécessité stratégique.

Le fossé démocratique grandissant dans le processus décisionnel doit être comblé. Les élections de 2014 représentent une opportunité pour rétablir le lien entre les institutions et les citoyens européens. Selon un récent sondage d’opinion eurobaromètre, seuls 33% des citoyens de l’UE font confiance aux institutions européennes.

Les espoirs, les craintes et les priorités des citoyens méritent des réponses qui ne peuvent pas être subordonnées aux exigences des marchés financiers. Nous devons développer un projet politique fondé sur la culture et l’apprentissage, une réponse adaptée aux urgences économiques, culturelles, sociales et politiques. Nous n’avons pas besoin d’une consommation accrue. En revanche, l’Europe ne peut se passer ni de l’éthique ni de la qualité dans tous les aspects de la vie.

L’Europe doit faire face à un nationalisme, voire à un racisme, croissant. Le projet européen doit impérativement relever ce défi. Il faut trouver une alternative convaincante et sérieuse afin d’engager les Européens. Il est indispensable d’imaginer un projet fédérateur. Il s’agit d’une mission culturelle. Les gouvernements locaux sont en première ligne et représentent les principaux alliés dans cette entreprise ; leurs voix doivent être prises en compte dans le processus décisionnel d’une Europe pleinement démocratique.

Par conséquent, Culture Action Europe demande à tous les participants aux élections européennes, et en particulier :

Aux partis et groupes politiques européens :

– De présenter, à travers leurs programmes, une vraie vision de l’Europe et un projet politique crédible.

– D’intégrer la société civile dans le processus de rédaction de leurs programmes, d’encourager une large participation à leurs congrès, où sont adoptées les stratégies de campagne, et de proposer des candidats engagés sur les plans éthique et culturel, prenant aussi en compte l’expression de la société civile.

– De préciser clairement leur appartenance aux alliances et aux partis européens. Cette information est indispensable pour que les électeurs saisissent le positionnement européen des partis et des candidats.

Aux candidats et aux futurs membres du Parlement européen (députés européens) :

– D’offrir une stratégie à long terme et une vision politique qui aille au-delà d’une simple approche économique.

– De mentionner clairement leur appartenance aux partis européens pendant la campagne.

– D’aborder le rôle de la culture, en particulier pendant leur campagne, en insistant sur le caractère fondamental de sa contribution au développement durable, et de s’engager activement afin de susciter un débat continu sur l’importance du facteur culturel.

– De s’engager personnellement à défendre les valeurs qui exercent un impact direct sur la vie des citoyens et qui sont considérées comme les éléments clés des sociétés démocratiques et durables. Entre autres, les futurs députés européens doivent œuvrer en faveur de la liberté d’expression, du droit de participer librement à la vie culturelle de la communauté, de l’accès et la participation aux arts et du partage des avancées technologiques ainsi que de leurs bénéfices. Ils doivent également assurer l’égalité entre les sexes, lutter contre tout type de discrimination, donner la priorité à l’intégration et à la cohésion sociale, jouer un rôle responsable en faveur d’un monde plus sain et plus équitable, assurer l’égalité d’accès à l’éducation et aux soins de santé, investir sans relâche dans la protection de l’environnement et dans l’économie verte.

– De créer un Intergroupe du Parlement européen consacré à la culture dans le but de cultiver les synergies et les débats intersectoriels, de promouvoir l’intégration de la culture considérée comme ressource principale du développement durable dans tous les programmes et politiques concernés (des relations extérieures à la cohésion, de l’éducation et l’apprentissage à l’économie et à l’emploi) dans la révision du traité ainsi que dans l’ensemble des processus politiques et législatifs.

Aux partis, aux candidats et aux futurs MPE :

– De promouvoir la mise en place d’une évaluation de l’impact culturel en amont de l’adoption des politiques dans des domaines tels que l’éducation et l’apprentissage, l’architecture et l’aménagement urbain, les droits économiques et civils ainsi que, bien évidemment, les arts et le patrimoine.

– De prendre les mesures nécessaires à la mise en œuvre des engagements internationaux dans le domaine de la culture et du patrimoine (ex : la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles).

– D’intégrer la société civile dans les processus décisionnels des institutions européennes, en assurant un niveau de transparence plus élevé, en les informant le plus tôt possible dans le processus législatif, en les consultant régulièrement et en établissant des relations stables avec les citoyens.

– D’opérer pour le bien de tous les citoyens européens et pour ce faire, de montrer si nécessaire leur indépendance à l’égard des intérêts nationaux.

– D’encourager la révision de la stratégie Europe 2020, en plaçant le bien-être et le développement du capital social au cœur d’une stratégie pour une Europe durable.

– De promouvoir la mobilité artistique et culturelle au sein de l’Europe (« Erasmus for the arts ») et de supprimer tout ce qui peut lui faire obstacle, y compris les dispositions complexes en matière de visas et les conditions d’imposition et de protection sociale impossibles à concilier. De manière générale, d’encourager davantage la coordination des systèmes de protection sociale européens afin de garantir le bien-être des citoyens ainsi que des conditions de travail et de production décentes pour tous.

– D’adopter la réglementation nécessaire pour reconnaître les droits économiques des créateurs et des producteurs, face à ceux des distributeurs et des intermédiaires.

– D’empêcher activement toute érosion du rôle de la sphère publique, en particulier dans les domaines de la culture, des arts, de l’éducation, de la recherche scientifique, de la citoyenneté et des droits de l’homme (qui sont autant de valeurs européennes fondamentales dans lesquelles il faut investir).

– En particulier, de s’assurer que les négociations sur un partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI) entre les Etats-Unis et l’Union européenne ne diminuent pas nos standards sociaux et environnementaux et ne débouchent pas sur la réduction de la sphère publique au sein de nos sociétés ou sur l’abandon des droits des créateurs.

* Depuis 1992, Culture Action Europe (CAE) est le principal réseau culturel européen. Aujourd’hui, CAE porte la voix de plus de 80 000 organisations regroupées à travers les 115 membres de CAE, actifs dans tous les domaines culturels et artistiques : des musées aux bibliothèques publiques, des architectes aux associations d’écrivains, des festivals aux salles d’opéra, des instituts de recherche aux centres culturels, des théâtres aux associations pour la promotion sociale et éducative, des orchestres et des conservatoires aux Conseils de la musique, des arts de la scène aux arts visuels, et des organisations représentant les employeurs aux organisations représentant les travailleurs. CAE a pour objectif de placer la culture au cœur du débat public et des prises de décision à tout niveau, du local à l’européen, en tant que composante essentielle au développement de sociétés durables fondées sur le respect des droits universels de l’homme, pour les générations présentes et à venir. L’association vise également à encourager le développement démocratique de l’Union européenne, considéré comme la première et la plus ambitieuse tentative d’instituer une nouvelle forme de démocratie fondée sur le respect des droits de l’homme et sur la reconnaissance de l’identité complexe de l’Europe, excluant l’hégémonie d’une seule langue, culture ou religion.

Avec le soutien de la Fondation européenne de la Culture.

Télécharger la lettre adressée aux candidats : Lettre CAE France aux candidats UE 2014

Consultation nationale sur l’éducation artistique et culturelle – Document stratégique

ASSOCIATION FRANÇAISE DES ORCHESTRES

Consultation nationale sur l’éducation artistique et culturelle :

« Pour un accès de tous les jeunes à l’art et à la culture »

Contribution de l’Association Française des Orchestres (AFO) – Philippe Fanjas – Décembre 2012.

Les acteurs culturels et notamment les orchestres membres de l’AFO ont un avis partagé sur la Consultation nationale sur l’éducation artistique et culturelle : les délais sont extrêmement courts ; le sujet est récurrent depuis 50 ans, sans que les initiatives successives aient pu se pérenniser ; ce thème leur semble devoir faire l’objet d’une concertation et d’un affichage fort associant plusieurs ministères parmi lesquels ceux de la Culture, de l’Éducation nationale, de la ville et de la décentralisation.
Le travail des orchestres dans ce domaine se heurte à de nombreuses difficultés parmi lesquelles : des relations trop complexes avec l’Éducation nationale – alors même que de nombreux enseignants et directeurs d’établissements militants sont très souvent partenaires –, et des financements insuffisants – souvent compris comme des variables d’ajustement.
Pour ces raisons, les orchestres participent à la consultation en cours, en espérant vivement qu’elle produise des effets concrets et durables.

Les orchestres appellent à ce que les actions artistiques et culturelles soient déclarées enjeu national. Ils appellent à la continuité des projets et à des financements pérennes, permettant ainsi à des initiatives multiples de se développer pleinement et de produire les effets que l’on attend d’elles.

CONTEXTUALISATION DES PROGRAMMES D’ÉDUCATION ARTISTIQUE ET CULTURELLE

Les orchestres membres de l’Association Française des Orchestres sont depuis plus de 20 ans les acteurs d’une réflexion approfondie et de projets ambitieux destinés à faciliter « l’accès de tous les jeunes à l’art et à la culture ».
Plus généralement, leurs actions s’inscrivent dans le cadre d’un élargissement de leur fonction première de créateurs, producteurs et diffuseurs de musique instrumentale, et doivent être comprises comme traduisant leur présence active sur leur territoire d’implantation au service de tous les publics. Ainsi, si les orchestres contribuent à l’éducation artistique et culturelle en proposant aux acteurs de l’Éducation nationale de très nombreuses ressources, il est essentiel de rappeler que leurs interventions se situent aussi au-delà, ou ailleurs, que dans le domaine de l’éducation stricto sensu : l’orchestre est un acteur citoyen participant à la vie d’un territoire dans toutes ses composantes.
Leurs programmes d’intervention se fondent sur cette réalité de terrain, avec dans tous les cas un objectif prioritaire en même temps qu’un instrument privilégié d’intervention : l’écoute de la musique vivante.

Cela se concrétise par un travail éducatif et de sensibilisation, dans les champs artistique, culturel et social, à l’attention des jeunes comme des adultes et du troisième âge, dans le temps scolaire et hors temps scolaire, dans la salle de concert et dans tous autres lieux, pour des publics empêchés comme au sein de l’hôpital ou des prisons, dans les quartiers défavorisés, en partenariat avec d’autres acteurs associatifs, institutionnels,sociaux, et cette énumération n’est pas exhaustive. 

En 2003, l’AFO témoignait de ce travail en publiant le livre « Prêtez l’oreille ! Livre blanc des actions éducatives des orchestres », diffusé par la Documentation française. Elle soulignait alors que ces actions étaient nées dans les années 1990 de l’initiative des orchestres et non d’un plan national, réaffirmant ainsi l’importance primordiale de l’initiative et de l’intervention artistiques, fussent-elles institutionnelles en même temps qu’individuelles.

Les questions posées par la consultation nationale sur l’éducation artistique et culturelle de 2012 sont une formulation nouvelle de questions récurrentes et particulièrement importantes, objet de débats incessants entre l’État et les collectivités territoriales, entre administrations publiques et acteurs de terrain, entre professionnels enfin.
Il faut noter que l’une des principales difficultés est celle de trouver des termes communs qui soient compris de la même façon par chacun des milieux professionnels impliqués (ainsi que par les publics auxquels in fine ils s’adressent). Ainsi, concernant les acteurs, il est essentiel de ne pas confondre les compétences et donc le rôle des artistes, des enseignants, des éducateurs et des médiateurs.
De même quant au terme « éduquer », nous retiendrons ici la formulation d’Olivier Reboul1 : « L’éducation, dans tous les domaines, depuis la naissance jusqu’au dernier jour, c’est apprendre à être homme ».
Nous comprenons la consultation en cours comme ayant pour objet de faire émerger et reconnaitre les rôles de chacun des acteurs du grand projet de permettre l’accès de tous les jeunes à l’art et à la culture. Le travail sera d’autant plus facilité si les rôles possibles et souhaitables de chacun sont reconnus par tous.

Que sont les orchestres ?

Les orchestres sont les interprètes en collectif d’une musique complexe, principalement instrumentale et donc abstraite ; cette forme artistique demande du temps pour l’entendre et pour l’apprécier, elle exige de la disponibilité ou peut-être seulement de la curiosité. On sait aussi qu’elle peut produire un effet immédiat d’adhésion lorsqu’elle touche directement les sens.
L’orchestre est donc une entité artistique, composée d’individualités artistiques. Chacune joue seul et avec les autres, généralement sous la conduite d’un chef qui incarne l’autorité qui conduit le groupe, mais aussi la transcendance qui fait que chaque individu se dépasse dans l’interprétation collective. La figure du chef est un emblème rendant parfois simpliste la lecture symbolique que l’on a de ce groupe de personnalités, et ce symbole fait effet tant sur les musiciens eux-mêmes que sur le public et les partenaires privés et publics. Cette image de l’orchestre et de son chef s’est profondément modifiée dans la dernière décennie. L’artiste, seul ou au sein d’un collectif – apparaissant sur la scène éclairée face à la salle plongée dans le noir propice à l’écoute attentive, ou à la vénération – n’est plus à l’abri des turbulences de la société contemporaine, de sa frénésie, de ses crises.
Les orchestres ont donc vu leur modèle se transformer profondément, suivant les évolutions considérables et rapides de nos sociétés dans la deuxième moitié du XXème siècle. La musique orchestrale n’est plus l’apanage de la bourgeoisie du XIXème siècle réendossant l’un des attributs de l’aristocratie, en s’appropriant la musique classique et le rituel social qui l’accompagnait. Le partage d’une culture dominante n’est plus vrai. L’éclatement des pratiques culturelles et de divertissement et l’éclectisme des goûts musicaux caractérisent le public d’aujourd’hui, faisant écho à une très grande segmentation. Poids grandissant de l’image, technologies numériques de l’information et de la communication, volatilité du public, tout cela conduit inexorablement à une transformation profonde du rapport à ce que sont les orchestres.
Les orchestres entendent ces mutations. Ils s’affirment aujourd’hui comme des acteurs citoyens de la vie des territoires, dans toutes leurs dimensions. La première est celle de la relation aux publics, acquis, comme à conquérir. Les orchestres participent aussi de la vitalité des territoires en générant des emplois directs et indirects et en contribuant à l’image et à la notoriété d’un ensemble urbain. Ils accompagnent aussi le projet politique, compris dans le sens le plus noble comme contribution à la vie de la Cité.

Dans ces mêmes 20 dernières années, les ministres de la culture successifs ont inscrit un certain nombre de normes concernant les orchestres dans des documents de portée générale repris dans les textes conventionnels cosignés par les différents financeurs des orchestres. Ces documents expriment les transformations des politiques culturelles. Les orchestres ont ainsi vu les subventions qui leur sont versées correspondre à des missions de service public de plus en plus nombreuses et couvrant un champ de plus en plus large – au risque d’ailleurs d’une atténuation de la place des enjeux artistiques. Ainsi la Charte des missions de service public de 1998, qui énonce quatre responsabilités principales pour les structures subventionnées par l’Etat : responsabilité artistique, responsabilité territoriale, responsabilité sociale et responsabilité professionnelle. Les deux dernières étaient nouvelles dans le vocabulaire de l’administration centrale. Elles sont intégrées dans le Cahier des missions et des charges du réseau des orchestres en régions de 2010.

On le voit, l’image traditionnelle et rassurante de l’orchestre compris seulement comme un instrument de musique – et c’est déjà beaucoup – s’estompe et se complexifie. Cette situation peut contribuer à expliquer le développement des Actions éducatives.

L’orchestre est bien devenu un acteur citoyen participant à la vie d’un territoire dans toutes ses
composantes.

Les projets artistiques et culturels conduits par les orchestres répondent à des objectifs multiples. Ils dépendent des institutions, de leurs partenaires, et des artistes eux-mêmes.

Quels sont leurs objectifs en matière d’action artistique et culturelle ?

A. Favoriser la fréquentation
Dans des temps de difficultés financières, augmenter la fréquentation des salles de concert peut être une justification aux projets éducatifs, compris comme un complément au travail de communication et de marketing. Cet objectif ne résiste pas longtemps à la réflexion : Constater à court terme une augmentation de la fréquentation comme résultat d’un programme éducatif n’est pas prouvé et pas démontrable. Espérer que l’enfant d’aujourd’hui sera un spectateur ou un auditeur assidu à long terme n’est pas non plus mesurable.

B. Légitimer
On entend souvent dire que la culture coûte cher. En disant cela on oublie aussi souvent de dire que l’absence de culture coûte plus cher encore. En Europe où les fonds publics restent majoritaires dans le financement de la culture, la question de la légitimité est centrale : quelles sont les raisons pour lesquelles l’État, les régions, les villes, vont continuer à participer au financement des orchestres permanents ? La question se pose de la même manière lorsqu’il s’agit de financement privé.

    • 1) Légitimer l’institution par sa présence physique sur un territoire
      L’orchestre est dans la Cité. Il ne peut pas ne pas nouer une relation avec ce territoire et ses habitants. Si l’on veut assoir la présence de l’orchestre, la rendre «naturelle» en quelque sorte, les populations doivent pouvoir s’approprier sa présence, le considérer comme sien, au sein de son paysage quotidien. Comme l’église, la mairie ou l’école, la présence physique du musée ou de la salle de concert aide à son incarnation car ce que l’on voit et que l’on touche existe davantage et se comprend plus rapidement que le son. Or la musique est volatile et les salles de concert sont encore trop peu nombreuses et pas toujours conçues ou comprises comme des lieux de vie et d’accueil.
    • 2) Légitimer l’utilisation des fonds publics et privés
      La légitimation de l’institution sur son territoire va de pair avec la légitimation de l’utilisation des fonds publics. Les subventions proviennent de l’impôt : combien permettent-elles de concerts, de quelle qualité, et surtout à l’attention de quelle population ? Un concert de musique symphonique n’attirera jamais les mêmes quantités de passionnés qu’une émission de téléréalité. Il convient de se méfier du fantasme de la notoriété populaire, qui peut porter les professionnels comme les élus qui les financent à verser dans le populisme. Or, parce qu’une forme d’expression artistique deviendrait moins populaire, serait-elle pour autant moins «utile» à la société ? La musique, qui demande seulement un peu de curiosité pour l’apprécier, est fondamentale à nos vies. Les orchestres attendent des décideurs publics qu’ils encouragent la nécessaire préservation d’une culture dite savante, ce qui n’est pas faire l’éloge du conservatisme mais de la richesse du legs des créateurs. Ils s’engagent parallèlement à partager cette culture avec le plus grand nombre. Les partenaires privés ont les mêmes exigences de légitimité de leurs actions de mécénat. En France, le mécénat dédié aux actions sociales l’emporte depuis 2010 sur le mécénat culturel. Cette donnée doit être prise en compte et les projets éducatifs et sociaux font aujourd’hui l’objet d’une aide en mécénat plus importante que la production artistique elle même.

De la question de la légitimité découle celle de l’évaluation. Si ce sujet est d’une actualité brûlante en France et
en Europe, les moyens d’une évaluation adaptée et probante sont encore à débattre. Les analyses des activités
des orchestres ne peuvent se limiter aux seuls critères quantitatifs.

C. Favoriser l’écoute du concert / donner à entendre
Les actions éducatives et culturelles visent principalement à favoriser l’abord du concert symphonique. Cela impose notamment qu’il existe toujours un lien entre les actions et le «vrai concert live» lui-même. Un atelier ou un documentaire sur une oeuvre musicale doivent être complétés par la confrontation du public à la réalité, qui n’est perceptible qu’à l’occasion du concert lui-même. Les actions doivent donc permettre l’approche de la musique vivante, interprétée de façon collective par un groupe important d’artistes, qui constituent une micro société. Chacune de ces caractéristiques peut être mise en avant et « décodée » grâce aux programmes éducatifs des orchestres.
Priment aujourd’hui l’immédiateté des sensations et leur violence, l’approbation du plus grand nombre et un consumérisme acharné. Il est fort probable que l’omnipotence de l’image – encore renforcée par les évolutions techniques dispensatrices de sensations démultipliées avec la 3D par exemple – détruit plus radicalement l’impact d’un concert de musique classique que la supposée impuissance des acteurs eux-mêmes à se remettre en cause.
Deux objectifs sont donc mis en avant, presque à contre courant des caractéristiques du modernisme du XXIème siècle : le temps (le temps de l’écoute, le temps du ressenti, le temps de l’apprivoisement des formes, etc.), et la perception sensible individuelle et collective.

D. Participer à l’intégration sociale
La musique (l’orchestre) comme moyen d’expression personnelle et outil d’intégration sociale
L’expression personnelle de l’enfant, au sein d’ateliers musicaux créatifs et participatifs, est déterminante dans de nombreux cas pour l’épanouissement de l’enfant. En créant en groupe, il s’agit de laisser émerger les idées de chacun, d’entendre les idées des autres, de prendre plus d’assurance en soi pour enfin jouer ensemble. Bien entendu, donner accès aux enfants à une forme de culture à laquelle ils pensaient ne pas avoir accès est également un facteur d’intégration sociale. De plus, l’orchestre est l’archétype du travail collectif, qui signifie écouter l’autre, apprendre à se situer par rapport à lui, considéré comme un partenaire dans la réalisation d’un projet de groupe. Cela peut vouloir dire aussi s’intéresser à l’orchestre comme à une micro société, avec son organisation interne, ses conflits et les modes de résolution des conflits, les effets des relations interindividuelles sur le groupe, le rôle du leader. Travailler sur ces caractéristiques peut constituer un objectif pédagogique.

E. Générer une société plus inventive, plus libre, plus créatrice via la musique ?
On peut invoquer le caractère utilitaire de la créativité, en estimant qu’un individu créatif le sera dans tous les domaines. Une vision humaniste permet d’affirmer que la créativité mise en oeuvre rend plus libre, et donc plus humain.
Partager est sans doute un autre terme clé. La mission de l’orchestre et de ses musiciens, c’est d’organiser et gérer un partage qui prend des formes multiples : de l’institution vers les enfants et les adultes, formés ou non, favorisés et défavorisés ; de l’artiste professionnel vers ceux qui ne le sont pas ; entre participants aux actions éducatives, et par exemple des adultes vers les enfants ; des participants vers leurs animateurs ; entre cultures et entre générations ; des musiciens vers le public bien entendu, mais aussi, et il ne faut pas l’oublier, du public vers les musiciens (les artistes sortent toujours transformés par les projets éducatifs auxquels ils ont participé).

NOS PRÉCONISATIONS DANS LE CADRE DE LA CONSULTATION

Nos réponses sont inscrites dans le cadre des 5 thématiques mais concernent souvent plusieurs d’entre elles.

1. Développer et articuler les actions proposées aux jeunes pendant leurs différents temps de vie

Concertation et coordination :
Les orchestres interviennent dans leur champ de compétence et les actions qu’ils conduisent sont complémentaires de celles d’autres acteurs. Améliorer les partenariats, quelle qu’en soit la nature, et parvenir à construire des parcours, supposerait une coordination effective. L’exemple de cette coordination pourrait être donné par l’institutionnalisation d’un comité paritaire Éducation nationale et Culture au niveau central, dupliqué au niveau de chaque Région. Les acteurs culturels y seraient associés, institutions et/ou artistes.

Les médiateurs, acteurs essentiels :
Les musiciens participent en tant qu’artistes à la plupart des actions artistiques et culturelles. Mais l’intervention de médiateurs est indispensable. Leur positionnement, la force et la richesse de leur métier, résident dans le fait de n’être ni musiciens, ni enseignants ; loin d’être une faiblesse, cette situation les positionne comme les artisans essentiels à l’impulsion et à la coordination du travail de chacun au profit du public acquis comme à conquérir. La reconnaissance de leur rôle doit être plus forte tant au sein des institutions culturelles elles-mêmes qu’à l’extérieur. Si les Actions artistiques et culturelles sont bien intégrées au projet de l’institution elle-même, les médiateurs doivent être associés au plus près à l’élaboration de la programmation et à la planification des activités.

Au sein des conservatoires, il est souhaitable que la médiation puisse être enseignée en tant que telle, et que la fonction de médiateur soit envisageable comme un débouché professionnel possible et reconnu comme très honorable. Leurs compétences doivent être des plus larges : leur maitrise instrumentale, la musicologie et l’analyse musicale sont déterminantes, mais aussi l’expression orale et scénique, la pédagogie, la connaissance des réseaux et dispositifs, la capacité à développer des relations tant avec les acteurs au sein de l’Éducation nationale qu’avec les élus et les administrations locales. Leur capacité à comprendre des mécènes potentiels et à échanger avec eux est également nécessaire. Ils doivent faire preuve de capacités d’invention et d’innovation. On le voit avec cette énumération partielle, le métier de médiateur doit s’exercer dans des postes à responsabilité. C’est là la condition à une intégration réussie au sein des équipes de gestion et à une vraie reconnaissance par les artistes et les directeurs musicaux avec lesquels ils sont appelés à travailler.

2. Favoriser une approche territoriale et partenariale de l’éducation artistique et culturelle

Aucun projet éducatif ne peut aboutir sans approche territoriale et partenariale. Une partie des difficultés réside actuellement dans leur mise en oeuvre.

La territorialisation :
Les orchestres sont déjà partenaires des réseaux de diffusion à l’échelle régionale, par exemple les Scènes nationales, mais avec des succès divers selon les contextes locales. Il convient donc d’encourager fortement les partenariats entre les orchestres et les lieux d’accueil dans le domaine des Actions éducatives et culturelles, dans une logique de co-construction, et au service d’une meilleure appréhension de la musique et de ses ressources éducatives et culturelles. De même, il convient de rappeler ici que les Actions éducatives et culturelles doivent se construire en étroite collaboration avec les politiques territoriales, dont les politiques de la ville.

La mutualisation :
La mutualisation des expériences et des savoirs
Le rôle des réseaux comme l’Association Française des Orchestres (ou Accord Majeur) est incontournable. L’AFO a la volonté et la capacité à favoriser la mutualisation des idées et des moyens. Citons par exemple :
– Orchestres en fête qui contribue à une meilleure connaissance de ces programmes dans et hors le temps scolaire ;
– Une base de données synthétisant chaque année les programmes d’action artistique et culturelle proposés par les orchestres, à l’instar de l’annexe jointe ici ;
– Le recensement et la mise en ligne des commandes d’oeuvres pour orchestre spécialement dédiées au jeune public ou didactiques, comprenant toutes mentions utiles dont la nomenclature requise ;
– Une bourse aux projets : un site de partage d’informations permettant de recueillir des propositions de toute provenance, et mises à disposition des orchestres et des opérateurs eux-mêmes, tant aux niveaux national que régional qu’européen.
Ces préconisations permettront la mise en oeuvre de plusieurs recommandations du document stratégique de l’AFO Orchestres 2020 parmi lesquelles :
– La réalisation de co-commandes ;
– La mise en partage des livrets pédagogiques.

La politique éditoriale
La mutualisation par l’AFO peut faciliter la co-édition d’ouvrages destinés au jeune public comme de textes de vulgarisation sur l’orchestre. Déjà réalisée dans le passé, cette activité peut se développer encore. Sont envisageables livres et livres-disques en version imprimée et numérique.

L’évaluation :
Les actions artistiques et culturelles souffrent d’une évaluation pour l’instant incomplète et souvent maladroite, passant par l’examen exclusif de données chiffrées. L’AFO travaille sur ce sujet et une journée de formation y sera consacrée en début d’année 2013, dans la perspective de dégager des critères qualitatifs d’analyse, utilisables par l’ensemble des partenaires concernés.

3. Prendre en compte la diversité des modes d’accès des jeunes à l’art et à la culture

La petite enfance :
L’émergence de projets dédiés aux tout petits est récente dans les orchestres mais se développe considérablement. Parvenir à concerner et toucher les plus jeunes est l’un des axes sur lesquels les orchestres travaillent.

Rôle des pratiques amateurs :
Nombreuses sont les difficultés qui font obstacle à un rapprochement entre les amateurs et les professionnels, et notamment celles liées au droit du travail. Néanmoins, la mise en oeuvre croissante de projets participatifs par les orchestres se révèle très efficace au succès de productions associant musiciens professionnels et amateurs de tous âges et tous horizons lors d’ateliers et de concerts publics.

4. Le numérique et les nouveaux médias : quelle place dans l’éducation artistique et culturelle ?
Le développement de projets innovants coûte très cher et s’oppose pour l’heure à la concrétisation de nombreux projets fréquemment discutés au sein de l’AFO. Ici encore, la mutualisation pourrait constituer une solution permettant de construire des outils à vocation pédagogique à l’usage des enfants et des adultes, des enseignants et des parents. L’une des ressources pourrait être celle de partenariats avec des industriels en mécénat de compétence. Aucun de ces projets ne sera développé sans une forte implication des pédagogues, des musiciens et des médiateurs. Concernant les musiciens, ces projets pourraient aujourd’hui entrer dans le cadre des nouveaux accords audiovisuels.

La télévision publique étant hélas inopérante ici, la préférence sera donnée à des partenaires plus souples et créatifs dans le domaine du numérique. La création de France TV éducation soulève des espoirs, mais ce projet ne sera utile que si son contenu est lié à des productions spécifiques, consécutives à des concertations approfondies avec les acteurs des actions éducatives et culturelles.

5. Mieux former les acteurs
Ce thème a été évoqué plus haut à propos des médiateurs. L’AFO a développé une offre de formation professionnelle pour les musiciens d’orchestre sur le thème des actions éducatives dont de nombreux orchestres ont déjà bénéficié. L’offre de formation 2013 intègre les thèmes suivants : l’évaluation des projets éducatifs ; une approche des actions éducatives par la créativité ; l’improvisation musicale au service d’un projet éducatif ; l’intervention auprès de publics empêchés, en milieu hospitalier ou carcéral ; l’expression verbale et corporelle ou comment occuper la scène.

Ces thèmes de formation font partie de ceux sur lesquels les établissements d’enseignement spécialisés pourraient intervenir, dans le cadre d’une extension des compétences des jeunes musiciens et d’une « intégration » plus facile de leur rôle éducatif vers des publics non musiciens. C’est là l’une des principales conditions à une évolution du métier de musicien d’orchestre et l’une des conditions de réalisation des projets au sein des orchestres membres de l’AFO.

Conclusion
Pour conclure, nous souhaiterions pouvoir répondre à cette interrogation constante qui est la nôtre : pourquoi la saisine du sujet de l’éducation artistique et culturelle est-elle récurrente depuis des décennies et pourquoi son financement est-il si faible, et lorsqu’il existe, si fragile et soumis aux aléas politiques ? Le sujet fait l’objet d’invocations mais rarement de progrès durables dans le temps.
Nous souhaitons qu’il soit considéré comme l’une des priorités nationales et européennes, et prenne une visibilité publique qui consolide les enjeux qu’il représente. Faut-il créer un label national affichant ainsi l’intention, les collaborations interministérielles, et la mise en oeuvre des moyens indispensables à sa réussite ? 

Afin d’offrir un complément d’information utile à toute personne travaillant sur le sujet des Actions éducatives et culturelles au sein des orchestres, 4 annexes sont jointes à notre réponse :
– Un essai de typologie des actions conduites et un descriptif des modalités d’intervention ;
– Un descriptif des programmes culturels des orchestres pour la saison 2012 – 2013 ;
– Un descriptif des actions culturelles développées dans le cadre d’Orchestres en fête ! entre 2008 et 2012 ;
– Orchestres 2020, document stratégique de l’Association Française des Orchestres publié à l’automne 2012, qui comprend nombre de préconisations intéressant la consultation en cours.

Télécharger le dossier « Consultation nationale sur l’éducation artistique et culturelle »

Télécharger le dossier « L’orchestre permanent – Orchestres 2020 – Document stratégique »

Télécharger les annexes