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L’intelligence artificielle, compositrice de musique symphonique

(Sources : Agence France Presse et Merkur – magazine de la Chambre de Commerce du Luxembourg)

La recherche en intelligence artificielle ne cesse de progresser. Elle apparaît et se développe depuis peu dans le secteur musical. Aiva est une intelligence artificielle capable de composer seule des pièces de musique orchestrale.

Si dès les années 1970 le compositeur Pierre Boulez avait exploré cette idée avec les chercheurs de l’Ircam, l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique qu’il a fondé, c’est aujourd’hui que les premiers morceaux parviennent aux oreilles du grand public.

Créer dans le style des plus grands compositeurs

La création d’Aiva a été inspirée par le film de science-fiction Her, de Spike Jonze.  Le film narre l’évolution d’un système d’exploitation artificiellement intelligent, capable de ressentir des émotions humaines. Her est une oreillette qui tombe amoureuse de son utilisateur. Dans une scène majeure du film, elle lui glisse à l’oreille: « Laisse-moi te composer une musique ! » Ce film a été un déclic pour créer Aiva.

Serait-il possible, grâce à l’intelligence artificielle, de composer de la musique symphonique avec la même sensibilité émotionnelle qu’un être humain? Et si cette intelligence artificielle pouvait permettre de terminer des œuvres inachevées de musique classique emblématiques, comme la Symphonie n° 8 de Schubert, en respectant le style et le génie des compositeurs ?

C’est la question que s’est posé Pierre et son frère en créant Aiva et la société Aiva Technologies. la start-up élargie à 4 employés souhaite qu’ Aiva devienne capable de créer de l’art avec la même sensibilité émotionnelle qu’un être humain

Comment Aiva compose-t-elle ?

Aiva développe l’art de la composition grâce à l’apprentissage d’un grand nombre de partitions de musique composées par les plus grands noms de la musique classique, (Mozart, Beethoven, Bach, Vivaldi…). Aiva base l’essentiel de ses capacités sur la technologie du deep learning, une méthode d’apprentissage basée sur des réseaux de neurones artificiels. Grâce à un algorithme développé par l’équipe, la machine analyse pas moins de 15.000 partitions numérisées pour générer un modèle mathématique et intuitif de la musique. Ce modèle est ensuite utilisé pour écrire de nouvelles compositions à la fois uniques et de qualité.

Après plusieurs mois d’apprentissage, différentes créations, et la sortie de son premier album, les compositions de Aiva sont numérisées à l’aide de la technologie Virtual SOund Technology (VST). Aiva peut composer dans n’importe quel genre. L’algorithme est capable de distinguer les styles des compositeurs et il a été programmé pour détecter un éventuel plagiat (aucun plagiat n’a été relevé jusqu’à aujourd’hui).

En mai 2016, Aiva est devenu le premier compositeur virtuel dont les œuvres sont reconnues par la Sacem, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, un exploit que beaucoup  d’artistes pensaient impossible à réaliser. De plus, Aiva Technologies vient d’être admise à la Sacem en qualité d’éditeur de musique. L’industrie de la musique se partage les droits entre compositeur, auteur, arrangeur et adaptateur, producteur, et artiste-interprète. Grâce à son statut, Aiva empoche les droits d’auteur, et la société Aiva Technologies, les droits d’édition. Cet accomplissement ne signifie pas qu’Aiva remplacera les musiciens. En effet, l’équipe souhaite renforcer la collaboration entre l’Homme et la machine, afin de faire évoluer le domaine musical.

Aiva est-elle capable d’interpréter des pièces de musique orchestrale ?

Aiva compose des pièces qui peuvent être interprétées par des musiciens humains, mais également par la technologie VST. Il s’agit d’un outil de production musicale assistée par ordinateur. Les sons sont calculés et générés par ordinateur à partir d’une banque gigantesque de différents sons d’instruments. L’ordinateur joue et décompose chaque note. Tous les effets et arrangements sonores sont possibles. En matière de budget, la musique d’un film de cinéma interprétée par un orchestre peut représenter 5 % du budget total de la production. Certains films, dont le budget est plus réduit, utilisent la technologie VST.

Quel est votre objectif à court et moyen termes ?

L’objectif principal pour Aiva est de composer des musiques de films. Les quatre jeunes hommes veulent s’attaquer au monde du jeu vidéo et de la publicité. Aiva peut composer et faire interpréter par un orchestre deux heures de musique de film en deux semaines, des délais qui pourront encore être réduits. L’algorithme est sans cesse perfectionné, et de nouveaux paramètres techniques permettent un travail toujours plus affiné. Les applications de l’intelligence artificielle sont multiples : il serait par exemple possible composer de la musique pour jeux vidéo qui s’adapterait aux actions du joueur selon les scenari proposés. Encore plus ambitieux, pourquoi ne pas composer de la musique personnalisée pour chaque individu, en fonction de son environnement et de ses occupations quotidiennes (état physique de la personne, lieu, temps…) ?

Les premières compositions de Aiva

Très rapidement, l’intelligence artificielle commence à produire ses propres musiques. Sa première composition sort le 8 février 2016. Il s’agit d’un solo pour piano d’une durée de 2 minutes, qui montre déjà tout le potentiel de la machine à créer un thème musical et à le développer.

Mais cette petite ritournelle n’est qu’un début. Après plusieurs mois d’apprentissage, Aiva créé près d’une vingtaine d’opus de solo pour piano. Elle compose ensuite sa première pièce symphonique : Le Réveil, en sol dièse mineur, qui est diffusée sur le web le 13 juillet. En septembre, l’intelligence artificielle sort son premier album intitulé Genesis qui regroupe les premières œuvres de la machine, pour piano et orchestre, jouées par des humains de chair et d’os.

« On a un algorithme, qu’on a nourri de musique classique, Bach, Beethoven, Mozart. A partir de ces 20 000 partitions, Aiva va se faire une idée de ce qu’est la musique, va effectuer une modélisation mathématique de ce style. Et ensuite on lui demande d’écrire des œuvres originales » avec des critères précis de durée, de tonalité, de style, explique Arnaud Decker, directeur marketing d’Aiva.

AIVA ne remplacera pas les musiciens

Après la sortie de cet album, le créateur de Aiva (Pierre Barreau) revient sur ces premiers mois d’expérience très enrichissante. « Notre vision de la création de Aiva et notre volonté de la rendre capable d’atteindre le génie de Mozart ou Beethoven relève de la science fiction pour certains », explique-t-il dans un billet. « Mais récemment, Aiva a acquis le statut de compositeur dans la société de musique SACEM, un exploit que beaucoup d’artistes pensaient impossible à réaliser pour au moins une autre décennie. Cette réalisation ne signifie pas qu’Aiva remplacera les musiciens, et nous continuerons à encourager les collaborations entre l’homme et la machine. Notre ambition n’est pas de remplacer les humains, on veut composer de la musique pour les domaines où les humains ne peuvent pas le faire », les jeux vidéos qui ont besoin de centaines d’heures de musique, le cinéma, des vidéos ou les publicités qui ont des délais de production très courts.

L’ambition d’une telle création reste toutefois suffisamment remarquable pour être soulignée, et marque probablement le début d’une longue série de nouvelles intelligences prêtes à apporter leur pierre au monde de l’art.

Mais ce sont des musiciens bien humains qui valident les morceaux créés par des algorithmes, ou les rejettent. Aiva a aussi composé l’an dernier un morceau pour la fête nationale du Luxembourg. Cette commande du gouvernement a été interprétée par 150 musiciens et 80 choristes, une première pour un morceau généré par une intelligence artificielle.

Plus d’informations sur la start-up : www.aiva.ai

Concours de composition : Résultats

Les deux lauréats du concours de composition de l’Orchestre d’Auvergne et de l’Orchestre des Pays de Savoie sont Johannes Söllner et Esteban Pagella.

En février dernier, nous vous annoncions dans un précédent article le lancement d’un concours de composition initié par l’Orchestre d’Auvergne et l’Orchestre des Pays de Savoie. Ayant reçu le Prix du Juy, les deux compositeurs Johannes Söllner et Esteban Pagella ont été départagés grâce à l’ultime étape du concours de composition 2017 : le Prix du public . L’œuvre lauréate, « Ode »,  sera jouée lors de certains concerts des deux orchestres durant la saison 2017/2018 en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Un concours inédit

L’Orchestre d’Auvergne et l’Orchestre des Pays de Savoie ont choisi de collaborer pour la première fois en lançant ce concours de composition afin de toucher le plus largement possible les habitants et de célébrer leur réunion depuis le 1er janvier 2016 au sein de la grande région Auvergne Rhône-Alpes.

Ce concours a pour but de faire participer le public lors des concerts de chacun des deux orchestres en interprétant une création commune sur l’ensemble de la région et d’encourager la jeune génération de compositeurs dans la création.

Les inscriptions, qui se sont achevées le 31 mai dernier, ont été marquées par des provenances géographiques très variées, avec des candidats d’Australie, du Canada, de France, d’Allemagne, de Corée du Sud, de Suède, des Etats-Unis et d’Argentine.

Les compositeurs

Johannes SÖLLNER, 34 ans, compositeur allemand

Œuvre : Aucune goutte dans la cascade

Compositeur, chef de chœur et enseignant à la Hochschule für musik de Freibourg, Johannes Söllner a gagné de nombreux prix de composition pour des œuvres pour chœur et orchestre dont le Prix Paul-Hindemith en 2013.

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Esteban PAGELLA, 36 ans, compositeur italo-argentin

Œuvre : Ode

Compositeur, chef de chœur installé en France, il dirige régulièrement des formations chorales en Ile-de-France et fut également adjoint à la direction de l’orchestre académique du théâtre Colon de Buenos aires.

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Les oeuvres

Aucune goutte dans la cascade
de Johannes SÖLLNER

Ode d’Esteban PAGELLA


Le Prix du Public

Partenaire du projet, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes a mis en place une plateforme de vote en ligne pour départager les œuvres lauréates, active jusqu’au 15 septembre dernier : http://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/concours-composition-orchestre-auvergne-pays-savoie-votez-prix-du-public-1295223.html

A l’issue d’un vote qui a reçu 1 053 participations, le public a choisi l’Argentin Esteban Pagella à 67%. « Ode » se veut une oeuvre empreinte d’humanisme, elle met en musique des textes de Paul Eluard (Liberté) et Jean de la Fontaine (Ode pour la Paix).

www.orchestrepayssavoie.com
www.orchestre-auvergne.fr

Actu / Concours de composition

L’Orchestre d’Auvergne et l’Orchestre des Pays de Savoie lancent un concours de composition.

Profil des candidats:

Le concours est ouvert à de jeunes compositeurs de tous horizons géographiques, âgés de 18 à 40 ans maximum à la date de clôture des inscriptions le 20 mai 2017 ayant suivi un cursus de composition ou d’orchestration.

L’œuvre :
– une création inédite
– une œuvre dirigée à dimension participative pour chanteurs amateurs et orchestre à cordes
– durée : 10 minutes maximum
– l’œuvre doit comporter deux parties distinctes (orchestrale et participative)

Détail de la commande dans le règlement du concours.

Prix du jury : une dotation financière de 3000 euros sera partagée de moitié entre les deux candidats lauréats.
Prix du public : une dotation financière de 1500 euros sera accordée en supplément au lauréat ayant obtenu le plus de vote de la part du public. La pièce lauréate recevant  le Prix du public sera jouée au programme  lors de certains concerts des deux formations pendant toute la saison 2017/2018, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Jury :
Deux œuvres seront sélectionnées par les membres du jury composé de :
Roberto Forés Veses, directeur musical de l’Orchestre d’Auvergne
Nicolas Chalvin, directeur musical de l’Orchestre des Pays de Savoie
Thierry Pécou, compositeur
Luis Naón, compositeur

Étapes du concours :
– 20 janvier 2017 : Ouverture des inscriptions
– 20 mai 2017 : Clôture des inscriptions
– 31 mai 2017 : Remise des partitions par envoi postal
– 12 juin 2017 : Sélection de deux œuvres lauréates par le jury
– 28 juin 2017 : Enregistrement des deux œuvres lauréates afin de les soumettre au vote du public (été 2017)
– 15 septembre 2017 : Résultats du vote et remise du Prix du public

 

Règlement du concours  

Formulaire d’inscription en ligne 

Télécharger l’affiche

Prix Île de créations 2015, concours de composition de l’Orchestre national d’Île-de-France

Le concours de composition proposé par l’Orchestre National d’Île de France, Île de créations, vient d’annoncer la gagnante de la troisième édition.

Le prix du jury a étéFOT83D4 attribué à Camille Pépin pour l’oeuvre Vajrayāna.
Le coup de cœur du public a également été attribué à Camille Pépin.

Son œuvre sera jouée jeudi 16 avril lors du concert Héroïque à la Philharmonie de Paris.

En 2014, le concours de composition Île de créations a été parrainé par Marc Clémeur, directeur de l’Opéra National du Rhin.

La preuve du concours consistait à composer une ouverture pour orchestre de 10 minutes.

Le jury a été présidé par le directeur musical de l’Orchestre, Enrique Mazzola et constitué de musiciens de l’Orchestre, de compositeurs, d’Anne Montaron (France Musique), de représentants de Musique Nouvelle en Liberté, des éditions Durand-Salabert-Eschig et de la SACEM (membre observateur).

Le concours a été ouvert aux étudiants de moins de 32 ans inscrits en cursus de composition et/ou d’orchestration en France (conservatoires, École normale de musique de Paris, IRCAM et Fondation Royaumont).

 

Vajrayāna est le titre de l’oeuvre créée par Camille Pépin (24 ans), actuellement étudiante en orchestration au CRR d’Aubervilliers

Née en 1990, elle débute ses études musicales au Conservatoire à Rayonnement Régional d’Amiens (CRR) puis se perfectionne au CRR de Paris. Elle y obtient cinq diplômes d’Etudes Musicales : Ecriture, Analyse, Orchestration, Histoire de la Musique et Formation Musicale. Camille intègre ensuite le Pôle Supérieur de Paris où elle étudie l’Arrangement avec Thibault Perrine. En 2011, elle entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris où elle obtient plusieurs premiers prix : Harmonie, Contrepoint, Analyse, Prix Monique Rollin en Musicologie sous l’égide de la Fondation de France ; au cours desquels ses travaux de recherche sur des pièces du répertoire contemporain sont récompensés. Actuellement élève de Thierry Escaich et de Guillaume Connesson, Camille étudie la composition avec Fabien Waksman.

 

À propos de Vajrayāna
I. Ratna – Mystérieux et abyssal – Explosif
II. Vajra – Liquide
III. Padma – Flamboyant et déréglé
IV. Karma – Vif et léger
V. Vairocana – Intemporel

« S’il existe cinq éléments dans la religion tibétaine (la terre, l’eau, le feu, le vent et l’espace), ils se définissent comme des énergies fondamentales et sacrées de l’existence rencontrées dans la dimension psychique des êtres. Les quatre premiers sont matière constituante de la nature tandis que le cinquième contient tous les autres. Au macrocosme de l’Univers s’unit ainsi le microcosme du corps. Ces énergies cosmiques sont à l’origine des mondes d’existence terrestre et spirituel : c’est le Vajrayāna. J’ai conçu la pièce en une gradation des différentes étapes du monde spirituel. J’ai retranscrit ces états par le biais de motifs musicaux rythmiques – le plus souvent – car le rythme est au coeur de la nature et des énergies. À chaque élément correspond un motif musical.
Ratna (Terre) est une énergie primaire, puissante, mais réprimée. Ainsi s’entremêlent tous les mystères de la Terre.
Vajra (Eau) exprime l’angoisse dans son aspect défensif – la tempête – s’évanouissant en une nappe paisible. Padma
(Feu) est le lieu spirituel atteint par les émotions brûlantes et ardentes, sans maîtrise intérieure : c’est le lieu des dérèglements. Karma (Vent) correspond à un élément impalpable, léger, fuyant. Enfin, Vairocana (Espace) réunit tous les éléments. Intemporel, c’est l’état le plus puissant dans cette quête de la transcendance ; l’ineffable accomplissement de l’élévation de l’âme ; l’apaisement. »