Dans les coulisses des concours d’entrée aux CNSMD

Pour les Conservatoires Nationaux Supérieurs Musique et Danse de Paris et de Lyon, les mois de septembre, octobre et novembre accueillent le deuxième volet des concours d’entrée.

Le mois de septembre constitue l’ouverture du deuxième volet des concours d’entrée pour les deux établissements nationaux supérieurs d’enseignement artistique. Pour le CNSMD de Lyon, il s’agit de dénicher les étudiants qui constitueront la nouvelle promotion de la Formation Diplômante au Certificat d’Aptitude (FDCA) Musique, du 16 octobre au 17 novembre. Quant au CNSMD de Paris, il est d’ores et déjà à la recherche d’étudiants au Diplôme d’Artiste Interprête (DAI) et au doctorat d’interprète de la musique.

Des concours de haut niveau

Depuis une semaine déjà et jusqu’au 28 septembre, une soixantaine de candidats sont auditionnés publiquement dans la vaste salle Maurice Fleuret du CNSMD de Paris. L’élégance fragile des sonates de Debussy laisse place à des interprétations jazz sur des standards de la musique roumaine ou à la vivacité du chant lyrique contemporain,a capella. Qu’ils soient pianistes, chanteurs ou violonistes, issus de formations françaises ou internationales, tous ont pour but d’intégrer le Diplôme d’Artiste Interprète (DAI) ou de poursuivre leur cursus en doctorat d’interprète de la musique au Conservatoire.

Au total, moins d’une vingtaine d’artistes seront retenus pour cette prestigieuse poursuite d’études.

« Nous sommes face à des musiciens de haut niveau, aussi bien dans la technique que dans l’interprétation, à quelques rares exceptions près, constate la présidente du jury, la compositrice de musique contemporaine Graciane Finzi, qui a enseigné plus de trente ans au CNSMDP. Cela va être un véritable casse-tête de les départager, à l’issue du concours ».

Pour prétendre à une entrée en troisième cycle, les candidats doivent en effet attester d’un niveau master ou d’un diplôme de second cycle. A ce stade, ce n’est plus seulement leur savoir-faire qui est minutieusement scruté par les membres du jury mais bel et bien leur virtuosité, l’évidence de leur présence scénique et la pertinence de leur projet d’études au Conservatoire.

Affirmer sa personnalité artistique 

La diversité des profils ne simplifie pas la lourde tâche du jury. En une matinée, la salle Maurice Fleuret accueille un jeune artiste italien souhaitant soutenir une thèse sur la réhabilitation technique de la viole de gambe, une violoniste japonaise avide de s’immerger dans le répertoire contemporain occidental et Raphaël Jouan, violoncelliste de 23 ans issu du CNSMD de Paris.

« Si je suis reçu au DAI, mon souhait est de faire découvrir des sonates de compositeurs qui ont été oubliées du grand public.Comme celles de Joseph-Guy Ropartz [1864-1955 NDR], Louis Vierne [1870-1937] ou Alexandre Tansman [1897-1986], expose le jeune homme avec enthousiasme, à la sortie de son audition instrumentale.

Dans le cadre du DAI, les étudiants ont la possibilité de suivre des cours pour perfectionner leur pratique instrumentale mais aussi d’utiliser les ressources humaines comme matérielles de l’établissement pour mener leur projet personnel. Collaborations avec l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique pour des enregistrements, consultation de fonds de partitions à la Médiathèque ou mise à disposition des salles de représentation, tout est mis en oeuvre pour affirmer au plus haut niveau, la personnalité artistique de ces jeunes talents.